Dans le cadre de la célébration de la journée mondiale des handicapés, l’association des stomisés de la willaya de Béjaïa a organisé, jeudi dernier, à l’hôtel Cristal II de Béjaïa, la 6ème journée scientifique au profit des personnes souffrant de l’absence de contrôle de la vidange vésicale ou de la rétention urinaire et des stomisés.
Le programme de la journée comprend pas moins de six communications données par des professeurs, des médecins et des spécialistes en matière de soins à ces patients, suivies par autant de séances de débats et de témoignages vivants de malades. Les conférences avaient pour thèmes principaux «éducation thérapeutiques du patient» par le Dr Talbine, «indications du sondage intermittent» par le Pr Cherid, «soins de bonne pratique pour stomisés en milieu hospitalier» par Mme Ouznaoui, «thérapeutique du stomisé et appareillage» par Mme Boumati et «évolution des compétences des professionnels de la santé» par Mme Sahraoui. En plus d’informer les malades sur leur pathologie et de les éduquer sur la meilleure manière d’y faire face, la journée a aussi pour but, souligne M. Rachid Mansouri, président de l’association des stomisés de la wilaya de Béjaïa, d’attirer l’attention des responsables du ministère du Travail et de la Sécurité sociale et ceux du ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière sur la nécessité impérieuse ressentie par les malades de rendre remboursables par la CNAS les sondes urinaires d’auto sondage et les poches des stomisés. Le président de l’association des stomisés de Béjaïa insiste non seulement sur la nécessité de les rendre remboursables, mais aussi sur celle de les intégrer dans la carte Chiffa. Ainsi, le malade aura la qualité requise, la quantité voulue et la proximité des sondes et des poches, puisqu’elles seront disponibles dans toutes les officines pharmaceutiques, y compris dans celles des villages éloignés. Notre interlocuteur ajoute qu’il y a aussi lieu de mettre fin au monopole de ces appareillages à l’ONAAPH, qui ne distribue, selon notre interlocuteur, que des produits de mauvaise qualité et en très insuffisante quantité. Le malade atteint de rétention urinaire doit utiliser, pour vider sa vessie, quatre à six sondes d’auto sondage par jour, précise le président de l’association des stomisés, faute de quoi il s’exposera à une maladie des reins qui finira forcément par nécessiter une hémodialyse qui est très contraignante pour le patient et très couteuse pour la société. Alors, continue-t-il, pourquoi faire des économies de chandelles et perdre gros après ? Mettant à profit l’audience de cette journée, le responsable de l’association n’a pas manqué d’interpeller le wali, présent, et le président de la commission des choix de terrains pour finaliser le dossier de construction d’un centre pour stomisés à la cité Ihaddaden, lequel accueillera les patients de la wilaya et ceux des wilayas limitrophes.
B. Mouhoub

