C’est la première fois qu’on entend parler de la baisse du prix d’un sac de ciment. En effet, s’il y a quelques semaines son prix variait entre 1200 et 1500 dinars le quintal, aujourd’hui, le constructeur peut même l’acheter à 850 dinars.
C’est dire quand même que la baisse est sensible si l’on a besoin de cent quintaux. D’ailleurs, cela taraude beaucoup les esprits. « C’est presque incroyable. Alors que, même à 1300 dinars, il fallait faire la commande au vendeur de matériaux de construction au moins une semaine à l’avance. Et aujourd’hui, on voit que ce matériau est en abondance. Y a-t-il une surproduction ou bien d’autres importateurs qui ont mis de grandes quantités sur le marché ? En tout cas, on ne comprend rien », dira un citoyen qui attendait la livraison de deux cents quintaux. Du côté des revendeurs, la situation est tout à fait normale. « Quand l’offre répond à la demande, il n’y a aucun problème. Je crois que les usines de fabrication de ciment font sortir des quantités suffisantes, car on n’achète plus les bons au marché parallèle. Et puis, le ciment importé a, lui aussi, donné son apport », estimera ce revendeur de matériaux de construction que nous avons approché. Par ailleurs, d’autres pensent que cette baisse de prix est due à l’arrêt de chantiers en période hivernale. «En hiver, les travaux de grosses œuvres diminuent. On constate seulement ceux qui concernent le crépissage ou encore de finition, et ceux-là ne demandent pas vraiment de grandes quantités », telle est la réponse d’un autre constructeur. Par contre, nos interlocuteurs nous ont appris que les agrégats, notamment le sable lavé manquent et leur prix a connu des hausses considérables. «Des sablières ont fermé car il ne reste plus de sable là où elles sont implantées. Dans d’autres, la production a diminué. Donc, on revient toujours à la règle de l’offre et de la demande. Mais, peut être dans quelques jours, la situation va se normaliser avec les chutes de pluie et le remplissage des rivières », dira le même revendeur. En définitive, la régulation de ce marché est loin d’être trouvée, car ce ne sont là que des situations conjoncturelles et non durables. D’un jour à l’autre, tout peut rebondir.
Amar Ouramdane

