Aïn El Hammam : Cela dure depuis plus d’une semaine – Tension sur le lait en sachet

Comme un rituel immuable, la crise du lait en sachet revient cycliquement, à tel point que se débrouiller deux sachets relève d’une performance dont seuls les rodés des chaînes sont capables.

À Ain El Hammam, le manque de ce précieux liquide dure depuis plus d’une dizaine de jours. L’arrivée sporadique des camions de distribution est attendue avec impatience. Mardi dernier, la tension s’est exacerbée avec la tombée des premiers flocons de neige. Au niveau du point de vente, on nous informe qu’il n’y en a plus. «Tout le stock a été liquidé en moins d’une heure, hier soir. C’est par bacs entiers que les clients se sont approvisionnés. Les derniers sont repartis bredouilles», nous dit-on. «La veille, j’avais fait le gué jusqu’à 16 heures, puis on est venu nous informer que le camion a changé de destination. Mais le lendemain, nous avons appris qu’une heure après notre départ (soit à 17h), ledit camion était bel et bien arrivé à Michelet où il a déchargé sa cargaison. Ce sont toujours les mêmes personnes qui le prennent», fulminera un jeune homme. Quoi que l’on dise, on ne peut blâmer ces «chasseurs de lait» qui se constituent des stocks, en prévision de la crise, quand on sait que les petites bourses ne peuvent se permettre d’acheter le lait de vache, proposé à des prix exorbitants. «À cinquante dinars le litre chez l’éleveur et à soixante-dix en magasin, on réfléchit à deux fois avant de l’acheter», avoue un fonctionnaire dont les besoins quotidiens se chiffrent à quatre litres. «Même le lait en poudre demeure inaccessible pour bon nombre de citoyens. Tout le monde n’est pas riche vous savez !», ironise un vieux rencontré devant un magasin. Visiblement, assurer le lait en sachet à ses enfants n’est guère une tâche facile pour de nombreux ouvriers «smicards».

A. O. T.