Les travaux de raccordement de la commune d’Ath Aïssi, dans la daïra de Béni Douala, au réseau de gaz de ville n’avancent pas comme il se doit du côté d’Ighil Bouzrou et du chef-lieu, alors que le délai fixé dans le marché tend à expirer :«Les travaux enregistrent seulement 10% de taux d’avancement et le délai sera bientôt consommé», a-t-on appris de M. Berchiche Hayouni, l’adjoint au maire.
Ce dernier n’est pas allé par trente-six chemins pour fustiger l’entreprise en charge des travaux au chef-lieu et le village Ighil Bouzrou qui, selon lui, a effectué des travaux bâclés causant une myriade de désagréments aux habitants : «L’entreprise n’a pas seulement effectué des travaux bâclés mais a aussi causé beaucoup de désagréments que nous constatons au quotidien». M. Berchiche soulève entre autres des fuites d’eau potable et l’endommagement des réseaux d’assainissement et de la fibre optique qui ne sont toujours pas réparés : « L’entreprise ne s’est jamais souciée de la réparation de ce qui a été endommagé par les travaux». Par ailleurs, notre interlocuteur affirme que la SDC a été saisie à maintes reprises en vain : «La SDC a été interpellée à plusieurs reprises dans l’optique de remédier à ces anomalies. Mais hélas, nos réclamations n’ont pas trouvé d’écho. Aux villages de Tala Bounane, Tazift et Irahmounène, les travaux n’ont pas encore démarré au grand désarroi de la population, pourtant des ordres de services ont été remis aux entreprises». «Pour ces lots, les travaux d’alimentation en gaz de ville ne sont pas encore lancés, pourtant les ODS ont été notifiés depuis le mois de mai dernier lors du conseil de wilaya», martèlera l’adjoint au maire, en affirmant que les habitants sont vraiment exaspérés : «Ils ne savent plus à quelle autorité se plaindre pour voir enfin les travaux démarrer». Néanmoins, le responsable souligne que les travaux de gaz de ville sont achevés à 99% du côté du village de Tighzert mais qu’il n’est toujours pas mis en service à cause de l’absence de détendeurs : «la mise en service a été repoussée à maintes reprises à cause de l’absence de détenteurs, c’est aberrant !», regrettera M Berchiche qui n’a pas omis de faire l’éloge de l’entreprise qui œuvre du côté d’Aguemoun et Tamaright : «l’entreprise mérite d’être félicitée. Elle s’est distinguée par la qualité et le rythme du travail qui est appréciable». Du côté des habitants que nous avons abordés, tout le monde est unanime à dire : «le retard est considérable dans toute la commune. Les travaux sont bâclés du côté du chef-lieu et du village d’Ighil Bouzrou. Il y a aussi un grand retard dans la mise en service du gaz du côté du village de Tighzert, faute de détendeurs, et les travaux ne voient pas encore le jour aux villages d’Irahmounene, Tala Bounene et Tazift».
Plusieurs foyers dépourvus d’électricité
Dans le cadre du programme d’électrification rurale, le village d’Ighil Bouzrou, plus précisément au hameau d’Ighil Ivoya, un projet de raccordement de pas moins de 27 familles a été inscrit. L’entreprise a été retenue depuis 2013, cependant les travaux n’ont pas encore démarré au grand désarroi de ces familles. M. Benrchiche dira que les responsables concernés ont été saisis pour faire pression sur l’entreprise afin de lancer le projet, en vain : «l’entreprise n’a pas encore décidé d’entamer les travaux», dira-t-il. Les foyers sont raccordés illicitement, ajoutera notre interlocuteur : «les ménages nous harcèlent quotidiennement ! Ils sont dans leur droit mais que faire ? La Sonelgaz, nous l’avions alertée mais elle persiste à faire la sourde oreille !». Ce responsable souligne en outre que des foyers demeurent aussi sans électricité : «plusieurs foyers dans différents quartiers demeurent sans électricité. En tant qu’APC, nous avons proposé l’inscription dans le prochain programme de tous les concernés et nous souhaitons avoir un écho favorable». M Berchiche précisera : «Nous avons recensé pas moins de 20 foyers à Tazift, Aguemoun Bas (15 foyers), Bouamran (15 foyers) et plus d’une dizaine au chef-lieu communal». Notre interlocuteur confirmera que ces foyers sont raccordés illicitement.
Les 75 locaux commerciaux sans électricité
Les 75 locaux commerciaux, accordés dans le programme présidentiel, destinés aux jeunes chômeurs pour la commune de Beni Aissi demeurent sans les commodités de base. En effet, ces locaux en question ont été attribués aux postulants depuis plus d’un an. Et le comble c’est que ces locaux ne sont pas encore raccordés au réseau de l’électricité ni à celui d’AEP. A ce propos, l’adjoint au maire que nous avons interpellé à ce sujet nous fera savoir que : «il n’y a que 4 postulants qui ont commencé leurs activités à ce jour. Les 71 autres n’ont pas encore lancé leurs projets respectifs». Il nous dira que les quatre premiers ont dû faire des branchements illicites chez des voisins : «ils ont fait des raccordement illicites au réseau électrique. Quant à l’eau, les activités de ces bénéficiaires ne demandent pas de grandes quantités». Par ailleurs, ce responsable municipal interpelle la DLEP pour effectuer les travaux nécessaires pour ces locaux : «Comment peut-on réceptionner un projet qui n’est pas encore achevé ?», s’interrogera-t-il. Les bénéficiaires, dans l’expectative depuis déjà plus d’un an, disent ne plus savoir à qui se plaindre pour voir leurs locaux pris en charge : «Nous avons saisi les responsables locaux à maintes reprises quant à notre sort, en vain. Ils se contentent de nous dire que ce sont les responsables de la wilaya qui devaient les prendre en charge. Nous qui sommes des chômeurs, ne méritons pas ce sort ! Pourquoi tant de laxisme et de mépris ? Quand les responsables auront-ils enfin de la considération pour nous ?», Regrettera l’un des bénéficiaires.
Un chef-lieu, dites-vous !
Le chef-lieu de la commune de Ben Aissi offre ces derniers temps une décor des plus chaotiques, constate-t-on sur place. Le réseau routier est délabré par les travaux de gaz de ville et, d’ailleurs, à la moindre averse, ce centre urbain devient marécageux «La chaussée est jalonnée de nids-de-poule et crevasses formant ainsi des flaques d’eau ici et là», déplore un usager de ce tronçon. Lui emboîtera le pas, un autre dira «Piétons et automobilistes, c’est la même enseigne de souffrance et de désagréments. La chaussée est tout simplement délabrée !» D’ailleurs, il ajoutera «Même le chemin menant vers Ighil Bouzrou est parsemé de nids-de-poule et recouvert de boue. Cette situation a été engendrée par les travaux de gaz de ville du fait que la route n’a pas été remise en l’état» Expliquera-t-il. En outre, un commerçant du coin que nous avons abordé à ce sujet avance que les eaux pluviales ont charrié des objets hétéroclites sur la chaussée et ce en l’absence d’entretien des avaloirs, c’est dire que même les responsables de la municipalité n’ont pas bien préparé la saison hivernale «A qui la faute si les canaux sont bouchés ? À Qui la faute si les travaux ne sont pas bien effectués ? Où sont-ils, ces responsables lorsque les travaux traînent à se faire ? Il faut que ça change ! Les responsables locaux doivent faire le nécessaire pour ce petit chef-lieu qui devrait être la vitrine de la commune» a-t-il clamé. Contacté par nos soins, M Berchiche, l’adjoint au maire de la collectivité dira : «Certes, le réseau routier est délabré depuis le passage du gaz de ville, mais quoi faire ! Nous avons saisi les responsables concernés quant à ces travaux bâclés, mais ils ne se soucient pas de notre sort» Concernant les avaloirs, notre interlocuteur nous apprendra qu’une équipe est à pied d’œuvre pour remédier à cet état de fait. «Une équipe est sur place pour nettoyer ces avaloirs qui sont bouchés par les terres dégagées par les travaux de gaz» a-t-il conclu.
CEM Guemar et sœurs, un exemple de laisser aller
Il n’est un secret pour personne que le collège d’enseignement moyen (CEM Guemar et sœurs) de la commune de Béni Aïssi demeure dans un état de dégradation très avancé et ce depuis déjà des années. L’image est plus effrayante à l’intérieur ! Dans la cour comme pour les sanitaires, les salles de classes et le laboratoire, une nette dégradation est constatée sur les lieux ! C’est aussi l’avis de cet adjoint au maire qui affirme que le problème de l’établissement n’est guère nouveau : «Nous avons tiré la sonnette d’alarme depuis des années en vain !» répliquera-t-il. Ce dernier dira que les carences sont nombreuses et les collégiens comme le personnel souffrent le martyr chaque année : «l’établissement accuse un terrible manque en moyens les plus élémentaires : des infiltrations à l’intérieur des classes et laboratoire, les sanitaires n’ont pas de robinets ni même des portes et la cour est en piteux état, d’où l’urgence de l’intervention de la tutelle, car il y va de l’intérêt de l’élève et du personnel». Par ailleurs, M. Berchiche avance qu’une proposition d’un CEM de remplacement a été faite depuis déjà plus d’un mois : «Nous n’avons jamais cessé de tirer la sonnette d’alarme mais la situation est restée inchangée». Il est à noter que des actions de protestation ont été organisées depuis des années et ce pour dénoncer cette dégradation des conditions de scolarité des collégiens, mais cela n’a jamais eu l’effet escompté à ce jour.
M. Z

