Le recteur de l’université de Béjaïa, Boualem Saidani, s’en lave les mains s’agissant de l’exclusion de plus de 600 étudiants, en imputant la responsabilité aux jurés de délibération relevant des différents départements des deux campus.
Le premier responsable de l’université a déclaré : «Ce n’est pas l’administration qui a pris la décision d’exclure ces étudiants mais plutôt les conseils de délibérations constitués d’enseignants qui ont procédé à l’application de l’article 34. Par ailleurs, nous avons reçu plus de 50 demandes de recours venant des étudiants qui veulent être réintégrés au sein de l’université. Ces demandes seront traitées au cas par cas par le conseil d’administration. Cependant, l’administration ne peut pas faire marche arrière quant à l’exclusion de ces étudiants et à l’application du règlement intérieur du système LMD». En effet, le recteur se dit déterminé à propos de la mise en application de l’article 34 de l’arrêté 72 datant de novembre 2011, auquel il s’est référé et qui n’est appliqué dans les faits, qu’en partie, sachant qu’il mettait en avant la nécessité d’un suivi de réorientation des étudiants en situation d’échec par une équipe de formation censée les aider à avoir un bon parcours et un diplôme digne de ce nom. L’application en partie de cet article n’a fait qu’attiser la colère des étudiants et les a poussés à investir la rue pour une seconde fois parallèlement au blocage de l’université depuis près de deux mois déjà. À rappeler que les étudiants en architecture sont toujours en grève. Les diplômes des licenciés en sciences infirmières n’ont pas encore été délivrés. Cependant, ces étudiants sont toujours en grève. Le comble c’est qu’après avoir achevé leur premier cycle licence LMD à l’université de Béjaïa, ces diplômés en sciences infirmières se retrouvent sans avenir. «Le Ministère de la santé semble ne pas être au courant de notre existence, sinon pourquoi il refuse de nous octroyer des postes de travail au niveau des établissements publics hospitaliers ?!» s’indigne un étudiant licencié. Pire encore, pour camoufler l’affaire, l’université a ouvert de nouvelles branches pour le master mais n’a accordé l’accès qu’à une minorité. Le reste des étudiants a été orienté vers d’autres filières. «C’est incroyable et inacceptable ! Comment peut-on nous orienter vers les départements de chimie ou des sciences humaines, alors que nous nous attendions, depuis trois ans, à obtenir un diplôme en sciences infirmières ?», ajoutera encore notre interlocuteur. «L’administration a commis une grosse erreur. Le système LMD a été introduit sans préparation de terrain. Lors de son instauration, l’administration avait promis l’accès au master sans conditions et l’article 34 devrait être appliqué uniquement à partir de 2011, chose que l’administration n’a pas fait», dira un enseignant qui souhaite garder l’anonymat. Et d’ajouter : «La dictature règne au sein de notre université. L’étudiant est étouffé la preuve, on ne lui laisse même pas le champ pour s’exprimer, et ce, en envoyant des agents de sécurité pour empêcher ces rassemblements ». En outre, la coordination locale des étudiants qui a chapeauté la vague de protestation depuis la rentrée universitaire, menace d’aller jusqu’au bout avec son mouvement de grève si la tutelle ne répond pas favorablement à ses doléances, à savoir la réintégration immédiate de tous les exclus, la reconnaissance des diplômes, l’accès au master sans conditions et l’amélioration des conditions socio-pédagogique dans lesquelles vit l’étudiant.
Hafid Nait Slimane

