La première chose qu’on peut remarquer en se baladant dans les grandes artères d’Alger, en cette période de fin d’année, ce sont les soldes affichés sur les vitrines des magasins d’habillement, annonçant des réductions qui vont jusqu’à 60%. Mais est-ce que les commerçants respectent la loi qui régit les soldes et les périodes concernées par cette activité ? Selon le porte-parole de l’UGCAA, El Hadj Tahar Boulenouar, la vente en soldes est souvent caractérisée par «l’anarchie» et manque de transparence. «La loi prévoit deux périodes de solde par an, la première pour les mois de janvier et février et la deuxième pour juillet, ainsi que les réductions qui se font durant la fin de l’année pour déstocker les produits de l’ancienne mode», a souligné hier, M. Boulenouar. Et d’ajouter : «Avant de solder ses produits, le commerçant doit avoir une autorisation de la Direction du commerce qui détermine les produits et la quantité concernés par la vente en soldes», a-t-il encore précisé. Mais «malheureusement», cela n’est pas appliqué par certains commerçants qui affichent des soldes en dehors des périodes fixées par la loi et sans respecter les règles exigées par cette dernière. Ces règles sont destinées, à la fois, à protéger la concurrence et à garantir l’exactitude de la réduction du prix et la bonne information du consommateur. «Cette activité ne se fait pas souvent dans la transparence, puisqu’il y a des commerçants qui gonflent les prix de leurs marchandises pour augmenter leur marge bénéficiaire», a-t-il dit. De ce fait, M. Boulenouar estime que «le commerçant doit mentionner pour chaque produit le prix réduit et le prix d’origine», a-t-il plaidé en appelant les autorités concernées à renforcer le contrôle, notamment durant les périodes des soldes, «afin de mettre fin à ces pratiques illégales». De son côté le président de l’association des consommateurs de la wilaya d’Alger, Mustapha Zebdi, a appelé à élargir le cercle des produits qui sont concernés par les soldes. «La vente en soldes constitue un avantage pour les consommateurs, car elle leur permet d’acheter certains produits de bonne qualité à des prix plus bas, mais, malheureusement, cette activité ne concerne pas tous les produits», a souligné M. Zebdi. Et d’ajouter : «il faut que la vente en soldes touche également d’autres produits, à l’instar de l’électroménager, les meubles et les produits électroniques», a plaidé notre interlocuteur. Par ailleurs, le porte-parole de l’UGCAA a mis l’accent sur la nécessité d’interdire les soldes pour les produits alimentaires. En général, les commerçants réduisent les prix des produits alimentaires, notamment les chocolats et les jus, à l’approche de la date de leur péremption. Selon M. Boulenour, cela peut nuire à la santé des consommateurs, «car il suffit d’un dysfonctionnement au niveau du stockage ou de transport pour que ces produits deviennent impropres à la consommation, même avant la date de leur péremption», a-t-il expliqué.
Samira Saïdj
