Les opposants aux tracés toujours mobilisés

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Les opposants aux tracés du projet de modernisation et de dédoublement de la voie ferrée, reliant Béni Mansour à Bejaia, n’en démordent pas. Ainsi et afin de fédérer leurs énergies et se poser en véritable force de proposition, ils ont procédé au cours d’une réunion organisée ce week-end à Ighzer Amokrane, à la création d’une coordination intercommunale. L’instance, dénommée « Coordination intercommunale de défense des intérêts socioéconomiques des citoyens de la Soummam », intègre 7 communes, à savoir Tazmalt, Bgayet, Ouzellaguen, Akbou, Souk Oufella, El Flay et Chorfa (Bouira). Elle est présidée par Mourad Ait Braham. Le rendez-vous, organisé à l’initiative de l’association de défense des citoyens, opérateurs économiques et industriels de la Soummam, s’est déroulé en présence des représentants des comités de villages, d’une foule de citoyens issus de plusieurs communes, ainsi que de certains P/APC. Les organisateurs ont saisi cette opportunité pour rétorquer de manière explicite aux déclarations du directeur des transports de Béjaïa, publiées ces derniers jours dans la presse, et réitérer par la même occasion, leur principale revendication, à savoir le recours à un tracé le moins dommageable possible. « Une revendication légitime », vitupère Khoder Ait Braham, le président de l’association organisatrice. Le conférencier a exhibé une liste nominative des unités de production implantées aux abords de la voie ferrée entre Tazmalt et Sidi Aïch et touchées par le 2e tracé. Et de reformuler la revendication d’une commission d’enquête technique, en demandant aux pouvoirs publics de rester dans les limites de la servitude ou, à défaut, exploiter le lit de l’oued Soummam. Kasmi Kamel, un citoyen de Bgayet, est tout aussi catégorique : « les tracés actuels préfigurent un projet destructeur qui n’apportera pas un plus à la région », déclare-t-il en s’appuyant sur certains chiffres. Enchaînant, le vice président de l’association suggère aux pouvoirs publics de confiner le projet qui s’ébauche dans la servitude de la SNTF. Une suggestion partagée par un citoyen du village Colonel Amirouche, attestant que « les villageois ont construit avec des permis de construction et dans le respect de l’alignement par rapport à la SNTF ». Enfonçant le clou, un autre intervenant de Tazmalt a articulé son discours sur les ouvrages d’accès projetés qui, selon lui, vont engloutir des superficies importantes. Et d’appeler à la mobilisation pour dire « non au tracé ». Prenant le relais, un citoyen du village Toghza (Chorfa) avancera, exemple à l’appui, que ce projet « n’est pas d’utilité publique, car destructeur ». Sans exprimer son opposition au projet, M. Beldjoudi, le P/APC d’Ouzellaguen, s’est déclaré solidaire de la démarche des contestataires. « J’ai peur que nous soyons obligés de recourir aux subventions pour survivre, si jamais les emplois venaient à disparaître », s’inquiète-t-il.

N. Maouche

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