La campagne oléicole fait encore des victimes – 25 accidents déjà enregistrés à M’Chedallah…

Lancée depuis le premier jour des vacances scolaire d’hiver, la campagne oléicole bat son plein aux quatre coins de la wilaya de Bouira.

Cette tradition ancestrale, compote néanmoins certains « risques », liés notamment à l’imprudence de certains. En effet, et comme chaque année, l’on commence à enregistrer les premiers accidents qui s’y produisent durant cette campagne de ramassage d’olives. Ces accidents, vont de la simple éraflure, jusqu’à des cas plus graves, comme des fractures.

Ainsi, une source médicale au niveau du pavillon des urgences de l’EPH de M’chedallah, nous a confié que pas moins de 25 personnes entre hommes et femmes se sont déjà présentés à ce service avec diverses blessures après avoir fait une chute du haut des oliviers. Fort heureusement aucun cas de décès n’est à déplorer jusqu’à présent. Plusieurs facteurs sont à l’origine de ce genre d’accident, le premier étant le manque d’expérience des arrivistes dans cette activité et le manque de vigilance, la raison suivante est l’abondante récolte dont le poids fragilisent les branches qui se brisent au moindre poids supplémentaire brusquement par surprise sans donner le temps au grimpeur de s’accrocher ni même d’orienter sa chute. Une autre raison à l’origine des chutes est l’augmentation sensible du taux d’humidité dans la région depuis ces 05 dernières années soit depuis la mise en service des barrages de Tiseldite de Becheloul et celui de Tichy Haf dans la daïra d’Akbou qui l’ont prise en sandwich et qui a abouti aussi sur l’installation d’un micro climat qui a bouleversé les conditions climatiques de cette région a l’origine de la hausse sensible de l’humidité et de la brume matinale qui transforment troncs et branches des oliviers en véritables dos de poisson visqueux et glissants. Notre source nous apprendra dans la foulée que les accidentés dont la majorité ont été ramenés par la protection civile présentent de multiples blessures entre contusions, luxations et autres fractures dont les deux derniers en date sont une femme de 30 ans qui s’est présentée le jeudi passé avec un traumatisme de la cage thoracique doublé de plusieurs contusions et un homme de 45 ans ce vendredi qui s’en est sorti avec de multiples fractures aux membres et des côtes cassées. Tous les deux ont été évacués vers le service traumatologie du CHU de Tizi Ouzou. Plus loin, notre interlocuteur affirmera que la plupart de ces accidents sont pris en charge au niveau de l’EPH de M’chedallah en mobilisant les spécialistes nécessaires tels qu’un traumatologue, des chirurgiens réanimateurs une équipe paramédicale largement suffisante et aussi grâce à la disponibilité d’un bloc opératoire. Il est à noter que ce genre d’accidents pourront être sensiblement réduits si d’abord les techniques de la taille de l’olivier sont respectées notamment celles de régénération, le couronnement et enfin la taille d’éclaircie sachant que le manque d’entretien rend très difficile la cueillette d’olives dont la majorité dépassent les 15 m de hauteurs. L’utilisation des échelles est plus commode et beaucoup moins risquée, malheureusement c’est un équipement qui est hors de portée de la bourse de la plupart des intervenants dans ce créneau. Il faut quelque dix mille dinars pour une échelle en fer confectionnée par les ferronniers à l’aide de tubes carrés solides et légers. Jadis les agriculteurs confectionnent eux même des échelles en bois à l’aide de pieds-droits qu’ils découpent dans les jeunes pins d’Alep des forets environnantes. Malheureusement ces forets ont presque disparu suite aux incendies en séries de ces 06 dernières années qui ont exterminé le tissu végétal forestier. Un bilan sommaire de ce début de campagne fera ressortir que 80% des accidentés sont des femmes, un phénomène qui s’explique d’abord par leur manque d’agilité par rapport aux hommes, doublé d’un poids nettement supérieur du fait de l’obésité et la prise de poids qui gagnent du terrain chez les femmes. Notons enfin que ce phénomène des chutes à partir des arbres durant la saison d’oléiculture n’a jamais fait objet d’une quelconque campagne de sensibilisation des services concernés qui sont l’agriculture et ceux de la prévention malgré le fait que chaque année enregistre son lot d’accidentés qui s’en va crescendo dont la plupart s’en sortent avec des séquelles plus au moins graves voire même handicapantes à vie et finissent leurs jours cloués sur des lits ou des fauteuils roulants avec cette remarque qu’aucun propriétaire d’oliveraie n’a envisagé de contracter un assurance maladie.

…Et une moyenne d’un accident par jour à Bechloul 

Par ailleurs, le même constat a été fait au niveau de la daïra de Bechloul, à une vingtaine de kilomètres à l’est du chef-lieu de la wilaya de Bouira. Là aussi, la campagne de la cueillette des olives bat son plein. C’est une course contre la montre que les villageois entreprennent surtout que les conditions climatiques ont été propices durant toute la semaine écoulée. Cependant, même si, ce produit cher aux Kabyles demeure incontestablement le revenu de la majorité des familles, ses dangers ne sont pas tout aussi négligeables. Ainsi, durant ce mois de décembre en cours, la polyclinique de Bechloul a enregistré pas moins d’une trentaine de blessés, soit une moyenne d’un accident par jour. Il s’agit des chutes parfois sérieuses à partir des oliviers, accidents qui dépassent parfois les capacités de cette structure sanitaire d’où la nécessité des transferts vers l’EPH Mohamed Boudiaf de la ville de Bouira. Selon une source hospitalière, la polyclinique reçoit presque quotidiennement des blessés issus des villages d’At Rached, d’At Leqser, de Bechloul, d’Assif El-Hemmam et de la crête-rouge. Ces victimes, selon notre source, ont été prises en charge au niveau de cette structure sanitaire qui leur a prodigué les premiers soins nécessaires avant de les libérer après quelques heures d’observation. Mais, parmi tous ces blessés, trois ont été évacués vers Bouira car ils présentent des complications sérieuses. La première victime est arrivée avec un traumatisme crânien causé par une chute d’un olivier centenaire. La seconde, toujours selon notre source, présente une fracture du col du fémur et la troisième présente un cas grave aussi qui se manifeste par une fracture au niveau lombaire. Ce sont les trois cas qui ont nécessité le transfert. En sus de ce nombre trop inquiétant de blessés en cette période, notre interlocuteur nous apprend également que la majorité des cas recensés au niveau de cette polyclinique sont des femmes.

O. S/S. M