Béjaïa : D’une capacité de plus de 10 000M3/jour – Une station d’épuration bientôt à Sidi Aïch

Le wali de Béjaïa, Hamou Ahmed Touhami, a effectué, dans la matinée de mardi dernier, une visite de travail dans les communes de Sidi Aïch et El Flaye.

Le programme prévu contenait neuf stations à visiter, c’est pourquoi la délégation a commencé ses visites si tôt afin d’avoir du temps à consacrer à chaque arrêt. Le premier fut à l’entrée de la ville de Sidi Aich, où le wali s’est enquis de l’état d’avancement des premiers travaux de réalisation d’une station d’épuration des eaux usées. Après l’exposé présenté par le chef du projet, une discussion s’en est suivie entre le chef de l’exécutif de wilaya et les techniciens en charge du projet. On y a appris que le projet avait été estimé à cent soixante-dix milliards de centimes. Ses objectifs visent à traiter les eaux usées afin d’éviter qu’elles ne se déversent dans l’oued Soummam. D’une capacité de plus de dix mille mètres cubes par jour, cette station pourra également permettre la réutilisation des eaux traitées et la valorisation des boues à des fins agricoles. Son délai de réalisation est estimé à une vingtaine de mois. Ainsi, durant cette phase, environs cent cinquante emplois seront créés. La deuxième station visitée fut le siège de la nouvelle unité de la Protection civile. Située à la lisière de la ville, elle a, en même temps que les nouveaux locaux, bénéficié de nouveaux équipements permettant de faire face aux quelques mille six cents interventions annuelles sur les trois daïras dans lesquelles elle assure la prévention et le secours des citoyens d’une dizaine de communes. Ensuite, vint la visite de l’ancienne mosquée de la ville, qui était en phase de restauration. Cette mosquée fut construite en 1885, puis agrandie en 1952. Depuis, elle a connu quelques extensions. Il était temps de penser à la rénover afin de lui éviter la détérioration causée à la fois par son utilisation et par les méandres du temps. La délégation, conduite par le wali accompagné du président de l’APC de Sidi Aich, a ensuite visité les futurs locaux de la mairie de la ville. Il s’agit en fait des anciens locaux de la Gendarmerie nationale qui devront être démolis pour y construire une nouvelle bâtisse pour l’APC. Un budget de quatre milliards a été consenti à cet effet, au grand plaisir du P/APC qui n’a pas caché sa satisfaction. Vint ensuite le tour de la nouvelle structure hospitalière de Sidi Aich, qui va bénéficier de nouveaux locaux et équipements. Le wali a annoncé la mise en service d’un nouveau scanner pour les mois de février ou mars prochains. En se rendant au cinéma de la ville afin de présider la cérémonie de remise des décisions d’attributions de logements, M. Touhami fut accueilli par un collectif de citoyens, venu déposer leurs doléances. Approchés, ces derniers nous ont déclaré que leur quartier souffre des dégagements toxiques d’une usine installée à proximité ainsi que du bruit et des odeurs désagréables. Selon eux, cette usine a été construite sans permis et l’APC n’avait même pas mené une enquête commodo et incommodo. Ces citoyens réclament l’ouverture d’une enquête afin d’aboutir à sa fermeture. Le wali les a invité à se rapprocher de ses services afin de prendre en charge leurs doléances, et leur a donné rendez-vous pour lundi prochain. D’autres citoyens nous ont également approchés afin de nous signaler un problème qui se poserait à la cité des 140 logements, à Thimzeghra. Des citoyens se seraient permis de défigurer les bâtisses afin de les transformer en lieux de commerce. Un courrier a bien été envoyé à l’administration, mais sans réponse jusque là. Dans la salle de cinéma de la ville, en présence d’une foule nombreuse, le wali a prononcé un discours dans lequel il a donné plusieurs informations. D’abord, le premier responsable de la wilaya annonce qu’il s’est engagé personnellement pour donner à Sidi Aich un stade digne de son rang. L’équipe de football de la ville est la plus ancienne de la région, puisqu’elle fut créée en 1928. Pour cela, il a sollicité l’aide du ministère des Sports. Il s’est excusé auprès de la population pour les retards mis dans l’indemnisation des personnes dont les terrains ont été expropriés pour utilité publique. C’est d&ucirc,; selon lui, au manque d’expérience de son équipe dans ce processus. Il demande à la population plus de patience, tout en promettant que tous seront indemnisés. De même, l’annonce a été faite concernant le dédoublement de la route nationale n° 26, reliant Béjaïa à la frontière de Bouira. «Il y a plus de 38 000 véhicules qui utilisent cet axe soutier quotidiennement. C’est pourquoi il est urgent de dédoubler cette voie, en plus de la réalisation de l’axe autoroutier, reliant le port de Béjaïa à l’autoroute Est-Ouest. Les travaux de creusement des deux tunnels ont commencé et se déroulent sans relâche, vingt quatre heures sur vingt quatre», dira-t-il. De même, a-t-il ajouté concernant le projet du dédoublement, de modernisation et d’électrification de la voie ferrée reliant Béjaïa à Béni Mansour, d’une longueur de quatre-vingt-trois kilomètres. La durée du voyage entre Béjaïa et Alger durera ainsi, moins de deux heures, avec des trains roulant à cent soixante kilomètres à l’heure. Seulement, il y a un problème sur le tracé de cette deuxième voie. Les habitants de certaines localités le contestent, et les services techniques sont en train d’étudier avec les concernés le problème dans le but de trouver les solutions adéquates. M. Hamou Ahmed Touhami a insisté sur la nécessité que tout un chacun puisse comprendre que la modernité a un coût, et qu’il faudra faire un effort pour ne pas créer des obstacles à la réalisation de tous ces projets. C’est aussi le cas pour la réalisation des installations de gaz de ville. L’Etat s’est engagé qu’à l’horizon 2019, toutes les localités, villes et villages en Algérie en seront pourvus. C’était d’ailleurs le sujet de la visite effectuée au village d’El Flaye, où les travaux de raccordement au gaz de ville ont déjà commencé. Leur durée est prévue pour quinze mois. Madame Laidi, chargée de la communication de la SDE de Béjaïa a précisé que la longueur de l’installation est de deux kilomètres. Mais le raccordement des foyers totalise plus de quarante kilomètres. Le coût individuel pour chaque raccordement est de plus de cent soixante mille dinars, alors qu’il n’est demandé aux habitants qu’une contribution de dix mille dinars. Le reste est pris en charge par l’Etat. Le wali s’est plaint également de la difficulté de trouver des entreprises de réalisation. L’installation du gaz n’est pas toujours une affaire simple. Il est important de trouver des entreprises compétentes, de préférences originaires de la région même. La visite du wali se terminera par l’inspection des travaux de rénovation du bureau de poste, ainsi que la présentation du projet de réalisation d’un nouveau siège pour l’APC d’El Flaye.

Ce parcours a été fait sous la pluie et dans un froid glacial. La délégation a partout été bien accueillie et, malgré les nombreuses contraintes, on peut dire que le périple fut une réussite.

N. Si Yani