Fin de la grève à la SNVI

Cet énième revers essuyé par l’Etat devrait avoir des conséquences surtout au cas où les garanties apportées jeudi dernier aux travailleurs ne seraient pas tenues. Après un mouvement de protestation qui a gelé l’activité de l’entreprise pendant plus de 10 jours, les travailleurs de la SNVI ont décidé de mettre fin à leur grève, non sans avoir reçu en contrepartie des garanties de la part des syndicats. Les salariés de l’une des plus grandes entreprises nationales activant dans le secteur industriel ont décidé de eprendre le travail à la suite d’une rencontre qui s’est tenue jeudi, suivie d’une assemblée générale qui a défini les grands axes de leurs revendications et les solutions que l’UGTA, par la voix de son secrétaire général, Abdelmadjid Sidi Saïd, compte apporter. Ce dernier a donné des garanties aux représentants des travailleurs après la rencontre qui a eu lieu mercredi entre les deux parties ainsi que l’ensemble des instances syndicales. Cette réunion devrait aboutir à l’installation de commissions de négociations des conventions par branches, qui auront comme principale tâche de mener les discussions et d’aboutir à un consensus qui satisferait les deux parties. Néanmoins, les travailleurs restent toujours mobilisés au cas où leurs revendications ne seraient pas satisfaites. Aussi, les ouvriers et salariés de la SNVI rejoindront leurs postes dès demain après une action radicale qui a mobilisé les 5000 travailleurs de l’usine de Rouiba, ainsi que les autres unités qui se trouvent à travers le pays. La principale revendication qui porte sur l’augmentation du SNMG devrait être satisfaite, ainsi que le départ à la retraite anticipée que le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a soulevé jeudi la possibilité d’apporter une révision lors de son intervention devant les membres du Sénat. Il a aussi évoqué l’article 87 bis : « La possibilité de la révision de la définition de l’article 87 bis n’est pas écartée, on va se pencher dessus pour y voir les solutions les plus appropriées », a-t-il déclaré. Néanmoins, Tayeb Louh balaye toute idée d’annulation de l’article en question. Les 5 000 travailleurs de la SNVI ont décidé de geler leurs activités le 4 janvier dernier, après avoir été zappés par la dernière augmentation du SNMG, et surtout vu la suppression de la retraite anticipée. Les représentants des travailleurs accusent tout simplement l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), à leur tête son secrétaire général Abdelmadjid Sidi Saïd d’être complice avec le gouvernement au sujet de la hausse du SNMG qui n’a touché que la Fonction publique – une tripartite que les travailleurs de la SNVI qualifient d’arrangement consentant entre les trois parties : gouvernement-UGTA- patronat après avoir pris le soin d’écarter les syndicats – et le premier ministre d’ostracisme.

Jeudi à la zone industrielle de Rouiba, distante d’un kilomètre et demi du chef-lieu, l’ambiance était toute autre. Le calme est revenu après les garanties offertes par l’union syndicale ; néanmoins, les forces de l’ordre étaient toujours sur place pour parer à tout débordement, le feu vert pour la levée de l’alerte n’étant toujours pas donné d’en haut. Selon Samia Boudjenah, syndicaliste au sein de la SNVI, « la décision d’arrêter le mouvement de grève est intervenue suite au consensus entre la centrale syndicale et les grévistes et qui porte sur deux points : l’augmentation des salaires et le refus de la dernière décision qui consiste eu la suppression de la retraite anticipée, la loi sur le départ à la retraite après 32 ans de service doit être maintenue » : Avant d’ajouter : « Comment voulez vous que les travailleurs qui touchent des salaires de misère arrivent à joindre les deux bouts surtout face à la flambée des prix, notamment des produits de première nécessité ainsi que la baisse du pouvoir d’achat, et le pire ils ne sont même pas touchés par l’augmentation, c’est aberrant et le gouvernement cherche encore des arguments pour ne pas les augmenter, c’est injuste ».

Demain, une réunion sera tenue afin d’arriver à un consensus final, qui devrait toucher toutes les entreprises qui n’ont pas été concernées par la hausse des salaires.

Dans le cas où les revendications des grévistes seront satisfaites, c’est le gouvernement Ouyahia qui échouera, un énième revers qui aura des répercussions sur l’ensemble de l’échiquier. À quoi alors a servi la tripatite ?

Hacène Merbouti