Les attributions des marchés hebdomadaires de la ville de Piton et le renouvellement des contrats d’adjudication n’ont pas eu lieu dans les délais prévus. Par conséquent, Près de 550 millions de perte par mois affecteront les ressources de la municipalité. « 168 millions de dinars sont perdus au cours de la première semaine de l’an 2015», nous affirme-t-on. De l’autre côté les services compétents viennent de déclencher, selon une source concordante, une enquête sur « la dilapidation du foncier » suite aux requêtes ayant été signées par plusieurs associations à travers lesquelles elles demandent l’ouverture d’une instruction judiciaire sur la gestion du foncier. Par ailleurs, le remaniement de l’exécutif communal ayant alimenté plusieurs rumeurs dans le milieu Akboucien n’aura pas lieu en fin de compte. Il s’agit juste, en fait, de passation de pouvoir entre le maire actuel et son vice président Arezki Iskounène à titre intérimaire. « Le maire a peur de la situation actuelle. Une grande partie de la population est en colère », commente l’opposition. S’agissant des adjudications des marchés, elle doit avoir eu lieu par une délibération de l’exécutif communal. Or l’APC d’Akbou ne s’est pas encore réunie pour approuver l’attribution de ces marchés et leurs cahiers de charge comme le stipule la loi. La dernière réunion extraordinaire avait, faut-il le rappeler, tournée court suite à son blocage par des citoyens qui se trouvaient dans la salle et qui se sont opposés à sa tenue. Ainsi, la réglementation exige l’attribution de ces marchés avant la fin de chaque année, c’est-à-dire avant le 31 décembre. A contrario, les marchés demeureront sans gestionnaires. Preuve en est, avant-hier vendredi, jour du marché de véhicules, les vendeurs n’ont pas payé « la taxe » de droit. « Le marché de véhicules ainsi que celui des bestiaux se tiennent depuis le début de l’année sans que leurs utilisateurs ne déboursent aucun sou. C’est une énorme perte pour la commune. Les adjudicateurs n’ont pas accepté notre proposition de continuer à gérer le marché jusqu’à l’établissement des cahiers de charge et la réunion de la commission d’adjudication pour renouveler et affiner les contrats», nous dira Mr Iskounène, le maire intérimaire. Pour quoi ont-ils refusé ? Selon l’un des attributaires, l’APC n’a pas livré de garanties sur d’éventuelles attributions de ces marchés aux autres adjudicataires. En outre, l’édile d’Akbou se serait opposé à la mise à prix de ces marchés. « La loi l’interdit strictement. Nous dénonçons, par ailleurs, le chantage qui s’exerce sur nous. Un membre de l’exécutif nous menace de nous ôter les dégrèvements de trois mois suite à la fermeture du marché à bestiaux pour une durée de trois mois. Cette fermeture est administrative et intervient suite à l’avènement de la grippe aphteuse et suscite légitimement un dégrèvement», explique M. Taka Lahlou, l’un des adjudicataires des marché à bestiaux et de véhicules. Selon notre source, la municipalité comme mesure urgente, a procédé à la promulgation des contrats d’adjudications aux actuels attributaires en attendant l’approbation des cahiers de charge pour l’ouverture des adjudications. « L’adjudicataire constantinois auquel est attribué le marché de gros des fruits et légumes a accepté de prolonger son contrat. Tandis que, les autres ont obstinément refusé », dira Mr Hamidouche, vice président chargé des finances. Quant au dégrèvement, M. Hamidouche le considère comme « un langage de rue ». « C’est à l’APC de dire ceci mérite un dégrèvement et cela ne le mérite pas. Et pas les individus. Il existe une quinzaine de dossiers à étudier pour leur demande d’exonération », ajoute-t-on. Ainsi, cette cacophonie sur la gestion de ces grands marchés a eu lieu suite au non établissement des cahiers de charge à temps. « Depuis quatre mois, l’APC n’a pas pu gérer les marchés communaux. C’est hallucinant. Le couffin de ramadhan est aussi raté. Ils sont en train de couler la commune », fustige Lahlou Saadi, élu de l’opposition. Aussi, Mouloud Salhi enchaînera dans la foulée : « C’est une gestion sans prévision, anarchique et dangereuse de la commune». A noter au final que la commune d’Akbou dispose de trois marchés de grande envergure régionale situés à Bouizène. Ces marchés hebdomadaires renflouent les caisses de la commune de près de 09 milliards chaque année. Ainsi, Le marché de véhicules est attribué pour un montant de près de 05 milliards en tenant compte de droits d’enregistrement. Celui des bestiaux engrange 2.5 milliards de centimes et en fin le marché de gros de fruits et légumes avoisine 1.4 milliards de centimes.
Menad Chalal
