Une plume châtiée nous quitte

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Voilà une information dont on aurait pu faire l’économie. Le journaliste à la plume acérée, qui nous a fait aimer le journalisme, qui nous a amenés, quelque part, à embrasser ce beau métier et même à tenter parfois de l’imiter inconsciement alors que nous savions parfaitement que Abdelkrim Djaad, puisque c’est de lui qu’il s’agit, était inimitable, est décédé hier, à l’hôpital Cochin de Paris, à l’âge de 65 ans, suite à une longue maladie. Il était natif du même village que Jean El Mouhouv et Taous Amrouche, Ighil Ali. Il meurt ainsi à 65 ans, un âge qui doit nous rafemir dans notre maturité mettre de l’eau dans notre vin et nous ramener à la sagesse sans pour autant être complaisant. Complaisant, tu ne l’as jamais été nous en témoignons. Nous nous délections de tes reportages, de tes chroniques dans ‘’Algérie Actualité’’ des années 80, dans ‘’Rupture’’ dont tu étais le cofondateur avec la complicité de Tahar Djaout, en 93, dans ‘’l’Expression’’, dans la Dépêche de Kabylie, au lancemant du journal en 2002 et enfin dans le ‘’Soir d’Algérie’’. A l’heure des bilans qu’on faufile au soir d’une vie, nous n’allons pas mettre au ban de l’histoire tous ces pleutres. «Faisons l’économie de notre mépris, au regard du grand nombre de nécessiteux», disais-tu, comme par inadvertance ou par prescience, il y a de cela une année presque jour jour. Comment as-tu senti le trépas si près de toi ? Je te revois dans ton jean lacéré ta jacquette usée et tes «cheveux aux quatre vents » chez Da Mbarek, débattre de Hnifa que tu comparais à la môme, Edith Piaf, et de Taous Amrouche la fille de ton village. Et là je ne peux croire à ta mort. Elle nous a surpris nous qui étions occuper à définir le bon grain de l’ivraie dans la tuerie de Charlie Hebdo et de nous situer par rapport à ce personnage et nous demander si nous étions tous des Charlie. Tu aurais certainement hurler : «Que nenni, nous sommes des Djaout, Mekbel, et tous les autres journalistes qui forment le martyrologie de notre corporation tués par la bêtise humaine. Puisque tu es parti, dirions-nous sur la pointe des pieds, il ne nous reste qu’à prendre acte de ton départ, te dire au revoir Abdelkrim et te charger de saluer Tahar, Mekbel, Malek Bellil et Mohand Said Ziad et tous les autres si tu les rencontres.

Sadek.A.H

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