Hocine Aït Ahmed victime d'une série d'AVC

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Le président d’honneur du FFS, Hocine Aït Ahmed, a été victime d'une série d'accidents vasculaires cérébraux (AVC) ayant affecté notamment le centre de la parole, selon un bulletin de santé rendu public, hier, par sa famille.

Se trouvant à Lausanne en Suisse, l’état de santé de Hocine Aït Ahmed, âgé de 89 ans, est «marqué par la série d’AVC sans latéralisation qu’il a subie l’année écoulée, consécutive à des troubles du rythme cardiaque (infarctus en 1999 avec fibrillation auriculaire) ayant affecté en particulier le centre de la parole. Il est traité en conséquence par ses médecins à Lausanne», selon le bulletin de santé rendu public par la famille du chef historique algérien et lu par le Premier secrétaire national du FFS, Mohamed Nebbou, lors d’une conférence de presse animée, hier, au siège du parti au terme de la réunion de son Conseil national. Absent des activités politiques, depuis sa décision de se retirer de la présidence du FFS, il y a trois années, le leader charismatique de l’opposition et figure emblématique de la Révolution algérienne, Hocine Aït Ahmed, marqué par le poids des ans, s’est complètement effacé de la scène politique et médiatique nationale, faisant dire à de nombreuses voix que celui qui incarne encore la génération de la lutte de Libération nationale est complètement déconnecté de la chose politique. Hier, certains canaux médiatiques, notamment sur les réseaux sociaux, sont allés jusqu’à annoncer sans scrupules la mort de celui qui porta la Révolution algérienne à la fleur de l’âge. Des informations malsaines qui ont vite fait réagir la famille de Hocine Aït Ahmed, à travers la publication d’un communiqué sous forme d’un bulletin de santé du président d’honneur du FFS. S’il est vrai que Hocine Aït Ahmed n’a plus la force qu’on lui connaissait, les nouvelles sont toutefois rassurantes selon ses proches. D’ailleurs, l’homme à la chevelure grisonnante ne se trouve pas à l’hôpital. «Il est rentré chez lui et récupère bien», a confié un proche de Hocine Aït Ahmed, présent à Lausanne en Suisse, au journal électronique Huffington Post Algérie. Né le 20 août 1926 à Aïn El Hammam, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, Hocine Aït Ahmed est considéré aujourd’hui comme l’un des derniers survivants parmi les chefs historiques de la Révolution algérienne. Après avoir été pendant la guerre d’indépendance  l’un des principaux chefs du Front de libération nationale (FLN), Aït Ahmed démissionne du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et de tous les organes du nouveau pouvoir lors de la crise de l’été 1962. En septembre 1963, il fonde le Front des forces socialistes (FFS), qui réclame le pluralisme politique face au verrouillage de la vie politique imposé par le système du parti unique. Arrêté et condamné à mort en 1964, il s’évade de la prison d’El Harrach le 1er mai 1966. Exilé en Suisse, il devient docteur honoris causa. Il rentre en Algérie après l’ouverture démocratique de 1989, mais quitte de nouveau le pays après l’assassinat du président en exercice, Mohamed Boudiaf, en 1992. Le 2 février 1999, il est de nouveau en Algérie pour se porter candidat à l’élection présidentielle d’avril de la même année avant de se retirer en compagnie de cinq autres candidats, la veille du scrutin, et laisser seul en lice l’actuel Président, Abdelaziz Bouteflika, qui remporta haut la main le vote. Depuis, Hocine Aït Ahmed effectua de rares séjours en Algérie, notamment à l’occasion du 4e congrès du FFS en 2007 où il avait assisté aux travaux en sa qualité de président du parti à Alger, pour annoncer, cinq ans plus tard, sa démission et se consacrer à sa Fondation, éponyme.

A.C

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