Tala Guilef Il est tristement livré à lui-même – Un site paradisiaque sans commodités

Lors d’une visite au site de Tala Guilef dans la montagne du Djurdjura, vendredi dernier, il nous a été donné de constater que cette zone hautement touristique, du fait de la splendeur des paysages, les gorges, les chutes, les falaises et autres décors pittoresques enveloppés par une belle couche de neige est malheureusement abandonnée à son triste sort. C’est une belle région de la haute Kabylie, qui sous d’autres cieux serait valorisée et exploitée à en constituer une source importante de dividende pour toute la région. Imaginons un seul instant que ce sont les pays d’Europe qui posséderaient un site pareil, il serait à coup sur doté d’un téléphérique, de piste de ski, d’infrastructures hôtelières, de piscine, d’aires de jeu, de restaurants et d’un parc d’attraction. A Tal Guilef, malheureusement rien de tout ça n’est disponible. Il n’y a aucun espace pour les visiteurs, on ne peut même pas trouver de sanitaire pour ne pas avoir à polluer cette belle nature. Les visiteurs qui se rendent en famille doivent automatiquement prendre leurs précautions avant de monter à Tala Guilef au risque de faire leurs besoins à ciel ouvert ou d’écourter leur visite. Signalons que dans toute la région qui s’étend de Boghni à Assi Youcef en passant par Mechtras, Tizi Ntléta et Ouadhias, aucune auberge de jeunes et aucun hôtel n’est disponible. Dans cette zone du parc national du Djurdjura, le don du ciel est mille fois généreux mais les hommes d’ici bas n’ont rien fait pour rentabiliser ce don de Dame Nature. On ne trouve rien sur les lieux, on ne peut même pas trouver un espace où consommer un café ou un thé. Le célèbre hôtel de Tala Guilef a été fermé depuis l’incendie qu’il a subi pendant les années de terrorisme. Les promesses de sa réhabilitation et de sa réouverture ne sont pas tenues. Bien au contraire, les lieux sont abandonnés aux malfrats de tous bords qui non seulement polluent le site mais perturbent la quiétude des visiteurs en quête de paix, de calme et de beauté le temps de quelques heures. Il nous a été donné l’occasion de voir des jeunes irresponsables et insouciants consommant de l’alcool en toute liberté. Là n’est pas un problème, mais une fois la tête chauffée, ils se mettent à hurler comme des loups dérangeant les visiteurs venus en famille. Bien sûr le responsable du site fait de son mieux pour éviter ces comportements mais lorsqu’il n’est pas là notamment pendant les week-ends, ces jeunes dictent leur loi. Lorsque les souris dansent, il est sûr que le chat n’est pas là. Il est du devoir des responsables locaux, de ceux des forêts et de ceux du tourisme de faire le nécessaire pour viabiliser davantage ce coin paradisiaque et de prendre les mesures nécessaires pour garantir la quiétude et la sécurité les visiteurs. Un site pareil peut générer des ressources financières en devise et en monnaie locale et des postes de travail à de nombreux jeunes chômeurs qui n’attendent qu’une occasion pour se lancer dans la vie active et construire leur avenir.

H. T