Internet ne fait plus recette. C’est bien le cas de le dire. Les habitués se plaignent des prix affichés alors que les gérants disent ne pas rentrer dans leurs frais. Nous assistons, en ce moment, à des fermetures en cascade. Après l’engouement suscité par cette nouveauté, les ardeurs commencent à s’estomper. Les clients, qui se bousculaient pour avoir une place, se font de plus en plus rares, alors que le nombre de commerces dépasse la demande. Etre cybernaute n’est plus à la mode et devient pour certains une source de dépenses supplémentaires. A 80 dinars l’heure, les clients ne sont plus accrocs et lorsqu’ils daignent se connecter, ils exigent la rapidité et la qualité de la connexion. Les établissements, qui offrent le confort et la liaison par satellite arrivent à garder leur clientèle, mais à quel prix! Tous les gérants se plaignent du « manque de travail et de lourdres charges à payer. Il faut s’acquitter de la facture d’électricité, du forfait du satellite et le provider ». Toujours selon ce propriétaire : « Il se trouve des journées où on arrive difficilement à faire rentrer 100 dinars en caisse ». Alors comment ne pas fermer? Certains cybercafés réservent, hors connexion, un coin de jeux à 50 dinars l’heure, pour les enfants. D’autres pour arrondir les fins de mois, proposent divers services telles que la gravure et la vente de CD, des cassettes audio et vidéo. Il se trouve même des endroits où l’on vend toutes sortes de confiseries et limonades. Les vacances scolaires et les périodes de fêtes attirent un plus grand nombre de personnes. Normal, lorsqu’on sait que les gens préfèrent l’e-mail à la traditionnelle lettre. Ceux, qui fréquentent les lieux, sont souvent « des étudiants qui viennent chercher des informations pour leurs travaux d’études ou bien de jeunes chômeurs en quête de correspondants, résidant de l’autre côté de la Méditerranée, pour échanges. Cependant, ceux qui s’attardent en face d’un poste, se font de plus en plus rares ». Le problème, dans ce genre d’activité, est que le rendement n’est pas à la hauteur de l’investissement consenti. Par ailleurs, il n’est pas facile de revendre le matériel, une fois qu’on a décidé d’arrêter.
Nacer Benzekri
