L’eau de l’ex-fontaine « la transat » serait-elle en train de reprendre le dessus sur les monticules de terre qui l’avaient recouverte, il y a des dizaines d’années ?
C’est en tout cas ce que les nostalgiques, amoureux de la bonne vieille ville d’Ain El Hammam, sont tentés de croire, en passant sur les lieux. Située au centre d’un projet de construction, l’eau de cette source ferrugineuse, de qualité incomparable, a été redirigée, durant les années soixante-dix, à quelques dizaines de mètres en contrebas, vers la rue Didouche Mourad. Depuis, plus personne n’évoque « la transat », ainsi appelée en souvenir de l’ex-hôtel transatlantique sur les ruines duquel a été construit l’actuel siège de l’APC. Détruite sans ménagement, cette fontaine, qui représente l’un des symboles de l’ancienne ville, venait alors de disparaître, au grand dam des habitants de Michelet. Pourtant, suite aux pluies et neiges de ces dernières semaines, à la joie de tous, l’eau commence à jaillir de l’endroit même où la vieille fontaine avait disparu. Des ouvriers l’ont même récupérée et nous pouvons la voir couler d’un tuyau en plastique de fortune. Le débit pourrait laisser croire que la nappe phréatique a réussi à se frayer un chemin pour reprendre ses droits. Du coup, les passants ne manquent pas d’espérer voir une fontaine construite, à l’identique, au même endroit. L’espace très large, dégagé par la construction de la nouvelle daïra, peut permettre, éventuellement, une telle construction, ne serait-ce que pour satisfaire les citoyens friands de cette eau ferrugineuse et d’un gout incomparable. Construite, durant la colonisation, entre l’ancienne brigade de la gendarmerie nationale et l’ex-hôtel transatlantique, cette source d’où s’abreuvaient hommes et bêtes avait un débit si important qu’il pouvait suffire aux riverains, aux cafetiers et autres citoyens de la ville qui s’en approvisionnaient. Les anciennes générations habituées des rues de Michelet se souviennent de ce pan inaliénable de l’histoire de la ville qui n’aurait jamais dû disparaître, tant il en faisait partie. « Ce n’est pas l’eau si rafraichissante que les anciens regrettent, mais plutôt le cadre d’où elle jaillissait. Des photos des lieux doivent encore exister quelque part. Il suffit de s’en inspirer pour rendre au quartier son cachet », nous confie un sexagénaire qui rêve de la résurrection de la transat.
A. O. T.
