Sour El Ghozlane Visite à l'école Mansouri Toumi – Froid et repas froids au menu

À quoi sert-il qu’une école dispose d’une cantine si l’on y sert des repas froids ? À quoi sert-il qu’elle soit alimentée en gaz de ville si ses élèves ont les mains glacées ? Enfin, à quoi sert-il de parler de réhabilitation des classes et de réserver une coquette enveloppe à cette opération, si les toits filtrent, si les fenêtres laissent le vent s’engouffrer par autant de brèches, si la cour est si étroite et si un bout de grillage fait office de clôture ?

Toutes ses questions sans réponses, on se les pose en franchissant le seuil de l’école Mansouri Toumi, à 3 ou 4 kms à l’Est de Sour El Ghozlane. D’abord, le constat que l’on peut faire à ce moment là est qu’on entre dans cet établissement scolaire comme dans un moulin. Aucun agent de sécurité n’en défend l’entrée. Notre source nous informe de la présence fréquente de chiens errants dans la cour. Et puis, au fond de cette cour, on remarque un mur à moitié écroulé. Le risque est grand, qu’un jour, il ne s’effondre tout à fait, car aucun lien ne retient les pierres entre elles. Notre source nous fait savoir que les services de la Protection civile ont été alertés sur ce danger et qu’un PV a été établi à cet effet. La deuxième chose qui tape à l’œil dans cette école est la petitesse de la cour. L’établissement a été construit en 1972, selon la même source. Adossée à une ancienne ferme coloniale devenue une exploitation agricole collective (EAC), on comprend, qu’au moment de sa construction, les lois en vigueur de l’époque aient pu jouer de telle sorte qu’il a été impossible d’arracher un seul arpent pour donner plus d’espace aux futurs élèves. C’est dans ce petit carré non pavé que les élèves des trois classes (1ère, 3ème et 5ème années) s’amusent comme ils le peuvent, aux heures de récréation. Mais que dire des classes ? À l’intérieur, la peinture du plafond et des murs s’écaillent par endroit, témoignant d’infiltrations abondantes. Avec le même empressement, notre source nous confie que la toiture est en piteux état, avec lattes brisées et tuiles cassées. La première classe, sur notre gauche, semble mieux résister à la dégradation causée par les intempéries. Nous constatons que la température est assez fraiche. Les quelques mains que nous touchons, celles en l’occurrence d’Abdelkrim, dix ans, de Mohamed et d’Ali, 9 ans, qui viennent de Ghraba, un hameau assez éloigné sont glacées. Notre source montre le bois des fenêtres mal joint qui laisse le vent pénétrer dans la salle de cours. C’est la cinquième année. On se prépare à l’examen de sixième et les élèves, malgré les conditions déplorables dans lesquelles ils travaillent, ont un bon niveau. La deuxième classe est plus froide encore. Ici, ce sont des élèves de la troisième année. Un drapeau planté sur le bureau indique, comme une girouette, la direction d’où souffle le vent. Notre source nous en fait discrètement l’observation. Là la température a encore baissé. Le mur et le plafond sur le côté droit sont plus dégradés. Mais, c’est dans la troisième classe fréquentée par les élèves de première année que la situation est plus critique encore, tant les dégâts causés par les intempéries semblent importants.

Au moment où nous effectuons notre visite, la cloche a sonné et les élèves s’apprêtaient à sortir. Il vient de tomber de la grêle et un vent aigre venant de Dirah, dont on aperçoit le blanc manteau, à l’Ouest, est fort et assez aigre. Une question pour résumer toutes les autres : qu’attend l’APC de Sour El Ghozlane chargée de l’opération de réhabilitation pour procéder sans délai aux réparations nécessaires, commençant par assurer la sécurité de l’établissement et des enseignants et permettre à la cantine de servir des repas chauds ? 

Aziz Bey