Tizi-Gheniff : Situation lamentable à la cité des 100 logements

Le cadre de vie des résidents s’est détérioré notamment ces derniers jours. En effet, avant même d’entrer aux portes d’entrées des immeubles, ils traînent sur leurs chaussures des mottes de terre glaise. Alors que partout, on voit des flaques d’eau stagnantes et même des rongeurs passer d’un lieu vers un autre sous les regards des passants.  » On patauge dans la gadoue. Nous attendons ces aménagements depuis plus de trois ans, mais ils n’arrivent pas. Vraiment, c’est un laisser-aller total. Personne ne se soucie de notre situation », nous dira un membre du collectif des habitants qui se prépare à passer à l’action. Non loin de là des marécages se sont formés au fil du temps, laissant même pousser des herbes sauvages entourant de partout ces HLM. Les habitants, dont la plupart sont des squatteurs depuis 2001, sont oubliés dans ce quartier.  » Nous habitons ici depuis les événements du printemps noir. Si nous avions squatté c’était parce que nous n’avions pas où aller. Et depuis, nous utilisons des câbles pour nous éclairer car, pour le fonctionnement des appareils électroménagers, ce n’est pas possible avec les chutes de tension quotidiennes. Même pour se chauffer, nous recourons à des bonbonnes de gaz butane. Personne n’évoque notre cas. Nous sommes des laissés pour compte alors qu’on entend ici et là que de l’argent existe, mais il n’est pas dépensé par nos responsables », ajoutera un autre membre dudit comité. Toutes les commodités manquent dans cette cité. Nos interlocuteurs ont tenu à nous faire visiter les lieux. À une cinquantaine de mètres de ces logements, est réalisé un terrain de proximité en matico. Mais, il ne reste plus rien de cette structure sportive. Elle est entièrement abandonnée: sa clôture est à terre, le matico a disparu, elle est envahie d’herbes sauvages,… En somme, elle est méconnaissable. Dans les environs, des espaces ont été aménagés pour les enfants. Les quelques manèges prévus dans cet endroit commencent, eux aussi, à subir des dégradations.  » Certes, pour le cadre de vie, je peux dire que les responsables ne font rien pour l’améliorer, mais pour ce stade en matico ou encore ces deux places servant d’aires de détente aux enfants, c’est un pur laisser-aller des habitants. C’est de l’incivisme, et c’est tout », nous expliquera un membre de la société civile. Devant tous ces manques, les résidents interpellent les autorités locales à regarder au moins d’un seul œil cette cité entièrement délaissée. De leur côté les squatteurs attendent toujours leur régularisation.  » On demande à ce que des enquêtes soient faites. Et s’il y a des personnes qui ne méritent pas ces logements, qu’elles soient remplacées par d’autres. Cela fait maintenant presque quatorze ans que nous sommes ici. Tous nos enfants y sont nés. À quand la fin de ce squat? « , s’interrogera l’un d’eux au moment où nous quittions les lieux.

Amar Ouramdane