À l’instar des villages relevant de la commune d’Aghbalou (60 kms à l’Est de Bouira), Ath Hamdoun, un patelin niché sur une colline surplombant la ville de Tazmalt, ne voit pas venir le changement ou le développement tant escompté par la population, laquelle avoisine les 4 000 âmes. Ce village, dont on dit qu’il fut fondé il y a au moins 5 siècles, constituait, durant le règne du royaume de Koukou, la base arrière de la résistance contre les conquistadors Espagnoles. De loin, il donne l’aspect d’une localité calme et tranquille, où les habitants « s’accrochent » désespérément à des lendemains meilleurs. Mais c’est compter, pour l’heure, sans ces innombrables insuffisances et carences qui se dressent en obstacles contre ces villageois, ou « montagnards », comme ils se plaisent à être nommés! Mais ce qui nous mène à faire une halte un peu «attardée» à ce titre, c’est ce taux de chômage qui frappe de plein fouet les jeunes de cette localité lesquels subsistent, pour la plupart, grâce à quelques métiers de dépannage, en exerçant comme manœuvre, vendeurs, serveurs, etc.
Pour prétendre à un poste bien rémunérant, il faut quitter Ath Hamdoun, car, dans ce dernier, il n’y a absolument rien : ni usines, ni administrations où l’on puisse travailler dignement. « N’était-ce ces vieux retraités qui touchent des pensions en devises, les gens d’ici endureraient pire que la vie qu’ils mènent actuellement! », constate un jeune transporteur de la localité. Les problèmes auxquels sont confrontés les Hamdounis sont multiples. Il y a surtout ce sentiment d’abandon qu’ils ressentent vis-à-vis des pouvoirs publics, qui, à leurs yeux, les ont oubliés.
« On a dû se prendre en charge nous mêmes concernant le bétonnage de quelques ruelles délabrées de notre village. Nous avons cotisé pour l’achat de tout le nécessaire, afin de bétonner les venelles qui se transforment en bourbiers à la tombée de la pluie! », nous dit notre interlocuteur. Dans le même contexte, le village manque, entre autres, d’un CEM, qui épargnerait les déplacements harassants et quotidiens à ces dizaines de collégiens vers Aghbalou et Tazmalt, où ils suivent leur scolarité.
L’absence de débouchées et les dures conditions de vie ont poussé beaucoup de jeunes d’Ath Hamdoun à s’exiler en France et au Canada notamment, où ils y connaissent des fortunes diverses.
Y. Samir
