Les habitants de la daïra de Bouzeguène, notamment ceux du centre ville, s’inquiètent sérieusement de l’état d’insécurité dans lequel ils vivent depuis des années, mais qui s’est aggravé ces derniers mois. En effet, les actes de banditisme et de vol sont venus rajouter leur lot de désagrément aux soucis des citoyens. Ainsi, épiceries, cafés, cybers cafés, dans les villages comme dans le chef-lieu, connaissent des cambriolages depuis déjà des mois, et ce, sans oublier les dizaines de voitures volées, des actes commis par des individus qui ne se soucient guère de l’existence de la police. Avant-hier, des cambrioleurs ont volé tard dans la nuit tout le matériel informatique et mobilier d’un bureau sis en plein chef-lieu, appartenant à un écrivain public du village de Bouzeguène. Avant cet incident, la caisse d’un cyber café a été entièrement vidée, en plus du matériel dérobé. Il y a plus d’un mois, les malfaiteurs ont volé une épicerie à Ait Ikhlef, et ce, sans compter les vingtaines de commerces d’alimentation générale dans les différents villages, dont les faits ne sont pas dénoncés. Ces actes, notamment les plus récents, ont semé la trouille au sein des habitants, eux qui sont confrontés depuis quelques temps déjà aux pénuries d’eau, de lait, ainsi qu’au déchainement des éléments de la nature (pluies et neiges). Toute la population de cette région interpelle les autorités concernées à mettre un processus de sécurité afin d’éviter le pire. Pour rappel, deux vieilles personnes ont été assassinées après le cambriolage de leurs domiciles à Ait Salah et à Igherayene d’Idjeur il y’a quelques temps, ce qui a suscité la crainte des habitants. «C’est scandaleux ce qui se passe à Bouzeguène ; nous vivons depuis des années dans la peur et la souffrance ; on dort mal de crainte d’être cambriolé parce que ces criminels n’ont pas de limites. Nous prions les autorités à veiller plus sur notre sécurité. Nous manquons de tout ici. Personne n’a jamais songé à construire des infrastructures de sport et de loisir, un jardin ou même un manège dans les normes pour nos enfants ; mais arriver à notre sécurité nous refusons qu’elle nous soit retirée ; c’est un droit, un besoin dont on ne peut se passer », s’indigne une citoyenne. «Où sont allées notre aise et sécurité ? On dormait sans fermer les portes, on se déplaçait de quartier en quartier, d’un village à un autre à minuit sans craindre quoi que ce soit. Là nos portes sont blindées, on a peur de sortir seul en plein jour. Où est allée notre solidarité pour empêcher tout mal d’y arriver, où allons nous comme ça ?», déplore un vieux de la région. Les citoyens de Bouzeguène ne savent plus comment dénoncer tout ce qui crée cette instabilité psychologique ; ils s’inquiètent pour leurs biens, mais beaucoup plus pour leurs vies et celles de leurs enfants, lesquels ne sont pas à l’abri de tout ce qui se passe. Ils interpellent les autorités locales à mettre fin à ces fléaux qui leur empoisonnent la vie.
Fatima Ameziane
