«La ministre aurait dû nous appeler seuls»

Partager

Le pourrissement semble inévitable dans le secteur de l’éducation nationale. Le mouvement de grève d’une journée renouvelable auquel a appelé le Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest-Elargi) s’est poursuivi hier. Cet énième mouvement de grève se poursuivra encore aujourd’hui « dans le cas où la ministère de l’Education nationale ne daigne pas répondre favorablement à leurs doléances ». Hier encore, le débrayage a été largement suivi au niveau des établissements du cycle secondaire, où les professeurs de l’enseignement secondaire (PES) étaient nombreux à répondre à l’appel de leur base. Le taux de suivi de cette grève est le même que celui enregistré au premier jour du débrayage, soit 81%, selon les initiateurs de cette action. Par contre, la ministère de l’Education nationale a annoncé un taux de moins de 6%. Toutefois, les lycées Ibn Nass et El Idrissi, sis à la place du 1er mai, à l’instar de beaucoup d’autres, étaient presque déserts. «Le taux de participation à ce mouvement de grève a été par contre faible au niveau des cycles moyen et primaire», a affirmé le chargé de communication et de formation au sein du Cnapest-Elargi. Les élèves du cycle secondaire, surtout ceux en classe d’examen, n’ont pas omis d’exprimer leur inquiétude quant aux problèmes qui peuvent en résulter de cette action. En effet, l’inquiétude commence à gagner le rang des candidats à l’examen du BAC. «Nous sommes vraiment perturbés. Si cette grève se poursuivra encore, on ne terminera pas le programme, ce qui influera d’une manière négative sur notre parcours scolaire », déplore un lycéen de la classe terminale, rencontré hier devant le lycée Ibn Nass, à Alger. On peut dire, qu’entre le Cnapest-Elargi et le ministère de l’Education nationale, l’apaisement est loin d’être à l’ordre du jour. Selon M. Messaoud Boudiba, une réunion entre les syndicats autonomes du secteur et la ministre de l’Éducation nationale est prévue dans l’après-midi d’aujourd’hui. Ce qui n’a pas été du goût de ce syndicat qui «trouve que, par cette attitude, la ministre néglige totalement notre mouvement de grève». «La ministre aurait dû nous appeler seule à une rencontre bilatérale, car c’est le Cnapest qui mène une grève ouverte ces jours-ci», a déploré le chargé de communication et de l’information au sein de ce syndicat. Ce syndicaliste n’a pas écarté l’idée de boycotter cette réunion. «Nous allons décider aujourd’hui si le Cnapest-Elargi prendra part ou non à cette rencontre», a-t-il encore indiqué. Le Cnapest-Elargi, faut-il le rappeler, revendique « l’intégration automatique des enseignants dans les différentes catégories, la médecine du travail, l’intégration du personnel de l’éducation occupant des postes en voie d’extinction, la promotion automatique du personnel de l’éducation jusqu’à la révision du statut particulier de ce dernier, l’installation de la commission de la gestion des œuvres sociales, la revalorisation des heures supplémentaires et, enfin, la révision du statut particulier ».

L. O. Challal

Partager