C’est l’un des hivers les plus mouvementés qu’a enregistré la région de M’Chedallah depuis ces dix dernières années. Les dégâts de diverses natures occasionnés par les violents déchaînements des éléments naturels durant les mois de janvier et février ne se comptent plus. Les derniers en date sont ceux provoqués par les impressionnantes crues d’Assif N’Sahel après le retour du beau temps et le déclenchement du processus de la fonte de l’épaisse couche de neige qui recouvre la chaîne montagneuse du massif du Djurdjura, dont l’eau drainée par des dizaines de ruisseaux et ravins se jette dans la rivière d’Assif N’Sahel. Les dégâts les plus apparents sont ceux provoqués sur les légendaires vergers de Taghzout N’Ait Mansour, à proximité du village Ath Vouali. En effet, des parcelles entières de terrains hautement fertiles ont été emportées sur une distance d’un kilomètre; cela après que le cours d’eau a été dévié de son ancien itinéraire à Achadhoukh, à proximité de Raffour, où a été réalisé l’année passée, un ouvrage en gabion dénommé «correction torrentielle». Lors de notre passage sur les lieux, nous avions constaté de visu que même un pylône d’une ligne de haute tension est sérieusement menacé par l’érosion et qu’il est à moins de 03 mètres du violent cours d’eau, lequel continue à grignoter sur les terrains en terre meuble et s’avance inexorablement vers l’ouvrage. Cela en plus d’une oliveraie de plusieurs dizaines d’arbres qui risque d’être emportée dans un proche avenir par les eaux en furie. Les propriétaires de terrains qu’on a rencontrés sur les lieux ne décollèrent pas et s’étonnent du fait que ce lieu, dénommé Maguersafen, où la rivière a fait d’importants dégâts n’a pas bénéficié de quelques longueurs de corrections torrentielles, alors qu’elles ont été réalisées en amont et en aval. Ce qu’ils qualifient de deux poids et deux mesures. Pire, ces crues ne font que commencer et dureront plusieurs semaines encore, soit jusqu’à la fonte totale des neiges qui ne pendrait fin que vers la fin avril, cela sans compter les prochaines et habituelles averses de pluies du mois de mars qui «grossiront» sans aucun doute le volume de ces crues. Il est à noter qu’à cause de ces érosions qui «mangent» chaque année des terrains agricoles, le lit d’Assif N’Sahel qui s’élargie à vue d’œil a atteint les 500 mètres de large à l’heure actuelle ; d’où l’indispensable intervention de l’Etat pour canaliser ce violent cours d’eau par l’aménagement de corrections torrentielles pour préserver ce qui reste encore des légendaires jardins de Taghzout N’Ait Mansour, dont la surface se réduit comme une peau de chagrin.
Oulaid Soualah
