La troisième phase de la réalisation du film de Mohamed Yargui, «Je te promets», vient de se terminer.
L’équipe technique a reçu une cheffe monteuse tunisienne qui avait déjà eu l’occasion de travailler avec Moussa Haddad, le producteur du film. Amina Haddad, chargée de production, s’est montrée très satisfaite du travail effectué. Elle a insisté sur le fait que ce film est aussi le résultat d’un travail collectif constitué par une pléthore de soutiens, dont le Comité des Fêtes de la Ville de Béjaïa, l’association Project’heurs, la Maison de la Culture de Béjaïa, ainsi que les Directions de la Culture et de la Jeunesse et des Sports, le TRB, l’APW et les communes d’El Kseur, Tichy et de Boukhlifa. La chargée de production a insisté sur le fait que plus de 90% du film a été le fruit des compétences locales de Béjaïa, à commencer par son auteur et réalisateur. De son côté Kahina Attia, venue tout spécialement de Tunisie, a exprimé sa satisfaction sur le travail effectué. «Le premier contact que j’ai eu avec Amina Haddad a été tout à fait fortuit. J’ai reçu un email d’elle, qui était tellement chargé de sincérité par rapport à ce projet, qu’il m’a semblé intéressant de travailler avec elle, et j’ai tout de suite donné mon accord, malgré mon agenda déjà chargé», dira-t-elle. Ce projet est, en effet, assez particulier, notamment avec la thématique qu’il aborde. «J’ai été transportée par ce projet. J’ai déjà travaillé sur différents types de films, un peu partout dans le monde. La thématique de ce film, sur le plan humain, m’a paru très chargée de générosité. J’ai découvert un beau projet et de très belles personnes», ajoutera-t-elle. Ce qui semble particulièrement toucher la technicienne, c’était le rapport humain. «Les jeunes voulaient vraiment travailler pour faire passer un message de leur ville, Béjaïa, qui est une très belle ville, avec une liberté de pensée et de création. «J’ai découvert toutes ces personnes, qui sont vraiment formidables, prêtes à tout pour exprimer leur culture», déclarera la monteuse tunisienne. L’autre particularité qui a intéressé Kahina Attia fut la langue locale. «J’ai découvert une langue que je ne connaissais pas, et qui fait partie de la diversité algérienne. Il y a une sorte d’interpénétration sur le plan linguistique», dira-t-elle. Concernant les conditions de travail, la cheffe monteuse a insisté sur le fait que ça lui a permis de fonctionner avec un certain détachement par rapport à sa vie professionnelle. «Les conditions de travail étaient tellement riches en générosité dans un endroit très accueillant, qui est la Maison de la Culture. Même si les conditions sont très difficiles. La vocation première de la Maison de la Culture est de participer à l’essor culturel de la ville, et elle le fait magnifiquement», soulignera-t-elle. Pour une personne qui a l’habitude de travailler dans des univers très cossus, elle était un peu à l’étroit dans ce lieu. Mais «ici, nous avons l’élément humain qui est primordiale. L’expérience est riche, avec des échanges interactifs. J’ai pris et j’ai donné. J’ai donné et j’ai pris. C’est ça qui est intéressant. C’est une expérience qui va compter dans ma vie, que ce film aille dans de grandes manifestations ou pas. Quel que soit l’endroit où je serai, c’est une expérience que je pourrai transmettre», déclarera la cheffe. Sur la ville elle-même, Kahina Attia est très élogieuse. «Béjaïa est comme un cocon, qui un jour ou l’autre devra donner naissance à quelque chose de merveilleux. On sent une gestation et une certaine maturation, ainsi qu’une volonté d’expression, plein de choses que les gens ont à l’intérieur d’eux mêmes et qu’ils veulent transmettre», ajoutera-t-elle. Et d’enchaîner : «Je suis venue pour mettre en place la forme définitive du film. Il fallait rendre les éléments filmiques qui rendent exactement ce que Mohamed Yargui voulait transmettre. Son thème est assez subtil. Ce n’est pas un événementiel. Cette façon qui est de vouloir poser la problématique de la transmission du savoir, et de la protection de la sœur par son frère ». Maintenant que cette phase est accomplie, il ne reste presque plus que la finalisation de la musique du film dont la composition a été confiée à Bazou, avant de faire le déplacement nécessaire en Belgique pour la phase de post-production. L’équipe de production et de réalisation est en train de finaliser les éléments techniques pour ce faire. Espérons que le public pourra le voir dès le début du printemps prochain. Mme Haddad a promis d’en faire le lancement officiel à Béjaïa, en avant première pour le public de cette ville qu’elle tient à remercier pour sa gentillesse et sa disponibilité.
N. Si Yani

