Que dire du ciseleur de verbes, du brodeur de dits, du poète à l’inspiration rivée aux lèvres, Si Mohamed Belhanafi, à part que nous évoquons, depuis le 4 mars 2012, sans forcer le talent, le troisième anniversaire de sa disparition. Ce sont, du reste, des haltes que nous observons quasi machinalement, par reflex pour ainsi dire. Sans nous soucier, de faire passer l’héritage qu’il nous a légué. Et il n’est pas le seul à accabler cycliquement notre mémoire et lui rappeler son devoir. Ce sont des régiments d’esprits féconds qui connaissent les mêmes rituels de faire valoir. Nous ne leur apportons rien par notre souvenir, si gauche. Nous en tirons plutôt profit. Nous nous en servons, nous ne servons pas leurs mémoires. Bref. Revenons à Si Mohamed Belhanafi de son vrai nom Mohamed Aït Tahar. Il est né le 7 février 1927 au village Ath Sidi Athmane dans la commune de Larbaa Ath Ouyacif et comme bon nombre des natifs de cette contrée, il quitte sa Kabylie pour aller s’installer dans la région de Tiaret où il a pratiqué le métier de tailleur. Il a été surpris par le déclenchement de la révolution dans ce département. Il a rejoint le maquis dans cette zone. Il en devint commissaire politique, certainement eu égards à sa sagesse et à son don de persuasion. Sujet qu’il n’a jamais abordé dans ses discussions avec autrui, ni à la radio. « J’ai fait mon devoir un point c’est tout », aimait-il rétorquer à ceux qui se montraient curieux par rapport à son passé révolutionnaire. A l’indépendance, il rejoint la radio nationale, chaine II, où il anima de nombreuses émissions d’animation et de théâtre radiophonique. Il est même passé par le lycée El Khansa et Fadhma N’Soumeur où il a dirigé non sans succès, les chorales de jeunes filles dont certaines font une carrière d’artistes, entre autres Malika Domrane et Massa Bouchafa. Il composa des poèmes pour tout un panel de chanteurs parmi les plus célèbres. C’est une vie remplie de générosités, de don de soi. Il était l’humilité faite homme, par son être autant que par son paraître.
Sadek A. H.

