Les apprenantes de «Iqraa» honorées par l’APC

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La bibliothèque communale, bien que non encore ouverte au public, continue d’accueillir les festivités organisées par les associations culturelles de la région. Jeudi dernier, l’association pour la lutte contre l’analphabétisme de la commune de Aïn El Hammam y a honoré lors d’une réception conviviale, une soixantaine de femmes parmi ses adhérentes. Madame Ould Matouk, vice-présidente de l’APC et présidente de l’association « Iqraa », a présidé la  cérémonie de remise de cadeaux. Lors de la prise de parole, dans une ambiance de fête, les présentes de tous âges ont insisté pour remercier le président d’APC de Aïn El Hammam, qui a « toujours répondu positivement à nos doléances ». Notre interlocutrice nous fait savoir, par ailleurs, qu’une mention spéciale a été accordée à « S.S. Djamila, une dame âgée, qui a décroché le niveau trois avec une moyenne de 19 sur 20, en même temps que le permis de conduire alors que la plupart des moniteurs d’auto-écoles étaient réticents lorsqu’elle voulait se porter candidate ». Pour ses efforts, elle a, en plus des cadeaux remis à ses camarades, bénéficié d’un micro-ordinateur offert par l’APC. « Elle n’a pas fini de nous étonner puisque, maintenant, elle veut se mettre à l’informatique», ajoute la présidente. Les apprenantes ont, à leur tour, offert un cadeau à leur présidente, Madame Ould Matouk, qui, disent-elles, « a aidé beaucoup de femmes à lire et à écrire ». Il faut noter que de nombreuses femmes illettrées, issues des villages de la commune, prennent le chemin de l’école primaire, lors de l’absence des élèves, une fois par semaine, en attendant que l’APC leur livre des locaux. Âgées entre dix-sept et soixante huit ans, elles semblent « décidées à rattraper le retard qu’elles ont subi durant leur jeunesse. La plupart d’entre elles n’ont pas fréquenté l’école alors que d’autres l’ont quittée dès les premières années », nous dit Safia, une enseignante. Une injustice qu’elles veulent corriger elles-mêmes. Paradoxalement, les parents qui avaient refusé de les scolariser lors de leur enfance ne voient plus d’inconvénients à ce qu’elles étudient maintenant qu’elles sont adultes. Notons que les hommes illettrés ne sont pas aussi disposés à s’initier à la lecture et l’écriture, laissant le champ libre aux femmes.

A.O.T.

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