Cédé à 500 dinars le kilo à Aïn El Hammam – Le poisson toujours cher

Faute de viande, il n’est plus possible de se rabattre sur le poisson qui s’éloigne de plus en plus de la bourse des consommateurs moyens. Les prix du poisson, qui ont grimpé en flèche depuis la fin de l’été dernier, ne sont plus redescendus et continuent de se stabiliser, hors de la portée des bas salaires. Jadis, appelé la viande du pauvre, le poisson est en passe de talonner la viande rouge. Il a déjà dépassé le poulet et, parti comme il est, il ne tardera pas à égaler la dinde. A cinq cents dinars le kilogramme, les quelques caisses mises en vente, vendredi, au marché de Ain El Hammam, ont été épuisées rapidement par les amateurs de « fruits de mer » si l’on peut appeler ainsi la sardine. De nombreux foyers ont pris l’habitude, ces derniers temps de consommer du poisson, les vendredis. « Je sais que payer mille dinars deux kilos de sardine est difficile à admettre. Mais les enfants en ont besoin ne serait-ce qu’une fois par semaine » confie un fonctionnaire devant d’autres clients qui dénoncent ces prix mais n’omettent pas de repartir sans leur sachet de poisson pour faire comme tout le monde. « Si on continue de compter, on ne le mangera jamais », rétorque un père de famille. L’un des vendeurs qui ne cesse de vanter la qualité de sa marchandise, « peu chère » fait savoir à ses clients que « les prix sont montés sur les lieux (la côte). Aujourd’hui, la sardine s’est vendue à Tizi-Ouzou à sept cents dinars ». Ce qui semble amadouer les plus récalcitrants. Il faut tout de même signaler que le poisson a été vendu, comme toujours, à l’air libre. Des conditions d’hygiène peu recommandées. Sachant que ce vendredi, le vent a fait rage dans la région, soulevant des nuages de poussière, il n’est pas difficile d’imaginer l’état de propreté des produits vendus. Par ailleurs, contrairement à la réglementation en vigueur qui recommande l’utilisation de caisse en plastique, les poissonniers continuent d’utiliser des caisses en bois, peu hygiéniques.

A. O. T.