C’est un tableau des plus lamentables et révoltants qu’offrent ces jeunes mendiantes Syriennes qui écument de nouveau les lieux publics à Saharidj, exhibant des nourrissons de moins d’une année au froid, le visage violacé et frôlant l’hypothermie en grelottant sous des vêtements légers. On les retrouve généralement devant les mosquées, là où la quête est fructueuse. Ces Syriennes, étant imitées par des Algériennes qui se font passer, elles aussi, pour des réfugiées, ont trouvé la parade pour contrecarrer cette usurpation de fonction et de nationalité en exhibant des passeports pour montrer leur pays d’origine. Aucun de ces nourrissons utilisés pour la mendicité ne s’en sortira indemne, après être exposé aux morsures du froid, notamment dans ces régions de haute montagne avec des températures extrêmement dures, ou dans la vallée du Sahel avec ses légendaires gelées et verglas qui durent jusqu’à la fin du mois d’avril. Il faut noter que ces mêmes mendiantes portant des nourrissons dans leurs girons écument aussi le tronçon de la RN15, entre le carrefour d’Oughazi à M’Chedallah jusqu’à celui de la sortie Est de Chorfa. Des endroits où se forment quotidiennement d’immenses bouchons de la circulation routière. Les mendiantes profitent pour ainsi dire du fait que la chaîne des véhicules avance très lentement pour tendre la main, s’exposant avec leurs bébés en s’avançant dangereusement sous les roues des poids lourds et semi-remorques. Des cas révoltants sinon répressibles qui ne semblent préoccuper aucune autorité ni encore moins les incalculables associations qui se disent à caractère humanitaire, à l’image de celles de la protection de l’enfant, de la mère, des femmes et des déshérités, lesquelles engloutissent des enveloppes financières dans de tapageuses campagnes qu’elle qualifient de sensibilisation pour justifier les dépenses des subventions substantielles que leur octroi l’Etat. Un cas sur lequel doit aussi se pencher le croissant rouge, d’autant plus que l’Etat a aménagé et équipé de nombreux camps au profit des réfugiés à travers le territoire national. En attendant que les organismes concernés réagissent pour y mettre un terme à ce comportement inhumain, ces malheureux nourrissons continueront à souffrir le martyre sous le regard indifférent des uns et des autres.
Oulaid Soualah
