«Les communes côtières ont eu 100% de ce qu’elles demandaient»

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Dans l’entretien qui suit, le directeur du tourisme de la wilaya de Tizi-Ouzou, Rachid Ghedouchi, fait le point sur la situation de son secteur et parle des ambitions de celui-ci à court et à long terme. 

La Dépêche de Kabylie : Les chiffres enregistrés l’année dernière par votre secteur, faisant état de cinq millions d’estivants, est un indicateur de bonne santé du tourisme en haute Kabylie et un bon présage pour cette destination qui recèle beaucoup de potentialités. Pourriez-vous nous parler de vos prévisions pour la saison estivale 2015 ? 

M. Rachid Ghedouchi : Pour cette année nous tablons sur six millions d’estivants si ce n’est pas plus. Comme les chiffres l’attestent, la destination Kabylie est très prisée par les touristes nationaux et internationaux, passant de 3 806 930 estivants en 2013 à 5 704 560 en 2014. Ce pronostic peut sembler trop ambitieux, mais il est justifié par une très bonne préparation qui a démarré fin 2014. Des réunions de travail ont été tenues au niveau du ministère et des collectivités locales. Je peux d’ores et déjà vous dire que les problèmes épineux du financement soulevés par les communes ne se poseront plus cette année, l’Etat a mis le paquet. Le ministère de l’Intérieur a pris en considération les doléances des communes et a débloqué un Fonds Commun des Collectivités (FCCL), après avoir demandé à chaque wilaya côtière de présenter ses besoins au niveau de chaque plage et c’est chose faite par les cinq communes concernées qui nous ont transmis leurs besoins réels en matière d’aménagements, d’accès aux plages, d’électrification, de revêtement, etc. Nous avons à notre tour transmis ceux-ci et les communes côtières ont eu 100% de ce qu’elles demandaient. Des montants importants ont été débloqués. Pour la daïra de Tigzirt, il s’élève à 116 002 770 DA et pour la daïra d’Azeffoun, il est de l’ordre de 185 983  210 DA. Les montants sont largement suffisants pour la réalisation des infrastructures au niveau des plages. Et c’est pour cette raison que nous n’avons pas droit à l’erreur cette année. 

Qu’avez-vous prévu en matière d’infrastructures balnéaires pour améliorer les conditions d’accueil des estivants pour cette année ? Y a-t-il du nouveau sur ce volet ?

Pour l’heure non, il n’y a pas de nouveau. Nous comptions réaliser un projet touristique au niveau de la plage ’’Petit paradis’’, à proximité du camping que nous avons inauguré l’année passée. Celui-ci a subi de grands travaux pour augmenter sa capacité d’accueil. Celle-ci était de 400 lits pour atteindre 600 lits. Mais le dit projet a été freiné par des oppositions. Nous comptions réaliser 14 projets touristiques dans la région de Sidi-Khlifa. L’étude a été finalisée, les investisseurs sont là mais nous nous sommes malheureusement heurtés à des oppositions. 

Quelle est la capacité d’accueil de la wilaya ?

La capacité d’accueil de la wilaya s’élève à 3 827 lits recensés et pour pallier au manque de places, nous comptons généraliser la formule « logement chez l’habitant ». Cette année, nous avons une moyenne de 2 800 lits déclarée par l’office local du tourisme de Tigzirt (OLT). En tout, une moyenne de 400 logements chez l’habitant. Cette capacité sera augmentée par les dortoirs des lycées et CEM des cinq communes côtières de Tizi-Ouzou du secteur de l’éducation avec qui nous avons prévu une séance de travail pour en débattre. Ces lits accueilleront les enfants qui viendront du sud dans le cadre d’un programme tracé par la direction de la jeunesse et du sport.

La ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Mme Nouria Yamina Zerhouni, a déclaré à partir d’Oran le maintien de la concession des plages au profit des privés…Qu’en est-il à Tizi-Ouzou ?

La concession des plages qui ne l’ont pas été l’année dernière sera lancée à partir de la semaine prochaine.

 L’opération s’effectuera, comme l’a dit Mme la ministre, en conformité avec la loi. 

Pour ce qui est des deux zones d’expansion et sites touristiques d’Azeffoun, approuvés par décret, la zet de Sid-Khlifa verra très bientôt lever les oppositions et les investisseurs installés.

 Pour la zet d’Azeffoun, elle a été attribuée à l’entreprise ETRHB Haddad par arrêté du wali dans le cadre du conseil national d’investissement (CNI) pour la réalisation de projets touristiques. 

Où en est l’opération de réhabilitation et de rénovation des infrastructures hôtelières ?

Cette réhabilitation dépend de l’EGT-centre et l’ETK. Pour les hôtels Lalla Khedidja, Balloua et le Bracelet d’argent d’Ath Yenni, qui dépendent de l’ETK, l’entreprise touristique de Kabylie, l’étude est achevée par un bureau d’étude espagnol. Les cahiers des charges seront déposés, si tout va bien d’ici le mois de juillet au plus tard. Les entreprises choisies pour la réalisation démarreront très vite les travaux. Pour les trois autres hôtels qui dépendent quant à eux de Gestour, c’est-à-dire, Amraoua, El Arz et Tamgout, c’est la même chose, les chantiers vont démarrer au plus tard en juillet. 

Avez-vous mis sur pieds un plan de nettoyage des plages ?

Il sera pris en charge par la direction de la jeunesse et du sport, celle de l’environnement et la nôtre, en collaboration avec des associations. Nous allons arrêter le programme de chaque direction. Durant la saison estivale, la DAS va mettre sur pieds le dispositif ’’Blanche Algérie’’, sept éléments pour chaque plage, et la direction du tourisme va mobiliser des employés dans le cadre du CFI, avec un minimum de dix éléments par plage durant toute la saison estivale. C’est amplement suffisant !

Du nouveau pour le tourisme de montagne ?

Il y a du nouveau, surtout pour Thala Guilef. Le 09 février dernier, une société polonaise, spécialisée dans la réalisation des télésièges et téléskis en Europe, a été contactée par une entreprise algérienne. Toutes deux ont créé une société mixe (algéro-polonaise) et déposé leur cahier des charges, une fois que l’étude, qui est en cours, sera finalisée. Avec la réhabilitation de l’hôtel El Arz, de l’auberge de jeunes et le restaurant d’altitude, la réhabilitation des téléskis est primordiale.

Propos recueillis par Karima Talis

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