Le retard causé par la grève observée dans les lycées aurait été déjà rattrapé et la progression dans les cours est assurée à 75%, selon les déclarations du directeur de l’Éducation rencontré dans les couloirs de l’hémicycle, où se tenait, la semaine dernière, la première session ordinaire de l’APW.
L’entretien à ce sujet a été bref, mais l’essentiel a été dit. Pour le DE, «les élèves préparent leur examen dans les meilleures conditions et, le jour J, ils sauraient soutenir cette épreuve avec la même efficacité comme s’il n’y avait pas eu cette intempestive interruption de cours à des fins revendicatives». La preuve que la progression des cours n’a pas été le moins du monde, affectée par ce débrayage, le premier responsable du secteur dans la wilaya la voit dans l’évolution des méthodes d’enseignement. Dans l’ancien programme, l’enseignement reposait sur un grand nombre de dossiers fortement imbriqués les uns dans les autres. Si on ratait un dossier, tout l’édifice risquerait de s’écrouler. Et d’ailleurs, faisait observer notre interlocuteur, «depuis quand ces programmes, trop longs, ont été terminés ?» Aujourd’hui et avec la nouvelle méthode qui prône l’approche par compétence, la donne pédagogique a changé. Elle privilégie les «outils» didactiques qui permettent aux apprenants d’avoir directement et par soi même accès aux connaissances, de les faire découvrir donc par l’élève lui-même que de les transmettre par ces moyens détournés et souvent inefficaces employés naguère. « Nous tenons à rassurer nos enfants : nous les accompagnerons jusqu’au bout de leur efforts», a fait savoir le responsable de l’éducation en guise de message lancé à l’ensemble des lycéens. C’est également le souhait des deux enseignants du secondaire que nous avons rencontré samedi dernier, devant le square Si L’Houes. Pour l’un de ces deux profs, il n’y a pas d’inquiétude à se faire à propos du retard induit par ces deux semaines de débrayage. Il estime le nombre d’heures de travail perdues à 40. «La première semaine des vacances a déjà permis de rattraper une partie de ce ratage», a-t-il noté. Pour ce qui est du reste, ajoutait-il, «c’est juste l’affaire d’une autre semaine.» Les profs comptent y consacrer le mardi et le samedi. D’ailleurs, la grève tombant en période d’évaluation (devoirs, compos et conseils des profs), il n’y a pas lieu de parler de perte d’heures de cours. Abordant la question de l’enseignement par le biais du CD, les deux profs se sont franchement esclaffés. Remplacer un prof par un CD, est-ce sérieux ? Même s’ils reconnaissaient l’utilité d’un tel instrument de travail, il ne pouvait, selon eux, servir qu’à titre complémentaire. C’est une manière polie de répondre à la ministre de l’Éducation que hantait le spectre d’une année blanche et qui avait trouvé cette parade que l’enseignement par approche par compétence se justifiait en pareille circonstance.
Aziz Bey

