Les fourgons de transport de voyageurs, reliant Aïn El Hammam à Tizi-Ouzou, viennent d’être transférés de Oued Aissi à la nouvelle gare routière de Boukhafa, située sur la route d’Alger, à environ quatre kilomètres du chef-lieu de la wilaya. Les usagers des transports par fourgons ont commencé à prendre de nouvelles habitudes, depuis maintenant plus d’une semaine. Comme l’accès à la ville de Tizi-Ouzou leur est interdit, dans le souci de la fluidité du trafic, les fourgons sont sommés d’emprunter la rocade Sud qui les mènera jusqu’à la sortie vers Alger, et par delà à leur nouvelle aire de stationnement. Deux arrêts leur sont permis, à des endroits où, normalement, ils ne gêneraient pas les usagers de l’autoroute. Quant à leurs clients qui se rendent à la ville des genêts, il leur est laissé le choix de descendre aux trois arrêts imposés aux chauffeurs. Le premier, situé près de la gare multimodale, permet aux passagers d’emprunter la passerelle pour traverser la route, avant de se rendre au quartier dit la « Tour », quelques centaines de mètres plus loin. Avant le terminus, desservi également par des bus, les voyageurs qui le souhaitent peuvent se rendre en ville par « Anar Amellal », un autre arrêt autorisé. Bien qu’un peu éloignés du centre ville, les points d’arrêts sont desservis par les bus qui sillonnent la ville toute la journée. Mourad, un « vieux routier », ne cesse de vanter les mérites de la nouvelle station qui, en plus d’être sécurisée par un commissariat de police qui s’y trouve, recèle de nombreuses commodités. Des toilettes publiques aux magasins et restaurants, le voyageur trouvera sur place ce dont il a besoin. Un de ses collègues revient sur les difficultés rencontrées au niveau de l’ancienne gare d’Oued Aïssi, où la sécurité fait défaut. « Plusieurs fois, nous avons assisté à des agressions par des voleurs qui profitent de l’isolement des lieux pour s’adonner à leur basse besogne. Une fois le soir tombé ils s’attaquent à toute personne isolée pour la détrousser de son argent, portable et autres objets de valeur », regrettera-t-il. Il faut tout de même noter que la station de taxis vers Aïn El Hammam demeure toujours à la même place qu’auparavant, c’est-à-dire à Oued Aïssi tout autant que les fourgons d’Iferhounène. Contacté au téléphone, la directrice du secteur des transports de la wilaya affirme « avoir respecté le choix des transporteurs eux mêmes ». Dans ce sillage, Zahia Terki ajoute que « les portes de la station de Boukhalfa demeurent ouvertes aux autres transporteurs abrités par la station multimodale de Oued Aïssi ». Pour elle, si d’autres associations de transporteurs assurant la liaison de la dite station vers les régions Est et Sud Est de la wilaya prenaient la décision de suivre leurs homologues de Aïn El Hammam, cela ne poserait aucun problème puisque leur volonté sera exaucée. La directrice souligne néanmoins qu’il s’agit là d’ « un choix et non d’une obligation» puisque « aucun ultimatum ne leur a été signifié pour vider les lieux ». D’autant plus qu’une perspective d’un autre projet de gare existe. Mais là et concernant ce même sujet, la directrice s’est contentée d’affirmer qu’« à part ce qu’a déclaré le wali lors de la session APW, rien d’autre n’est à l’ordre du jour ». Car pour rappel, le wali avait affirmé que des démarches sont en cours pour l’acquisition d’un terrain à la sortie Est du chef-lieu de Tizi-Ouzou, au lieu-dit « les Chaâbane » pour la création d’une station urbaine. Il s’agira vraisemblablement d’une station identique à celle qui existe actuellement à Boukhalfa pour accueillir les transporteurs de Oued Aïssi et libérer de cette manière le port sec transformé en gare multimodale pour les abriter.
A. O. T / Tassadit. Ch.
