Bouira 4ème colloque international scientifique sur les sports – La pratique sportive et la santé dans la société en débat

«La culture de la pratique sportive et la santé dans la société », a été le thème du quatrième colloque international scientifique organisé, hier, par l’ISTAPS (Institut des sciences technologique de l’activité physique et Sportive) de l’Université Akli Mohand Oulhadj de Bouira.

Les différents participants à cette manifestation, des chercheurs, des scientifiques et autres spécialistes du domaine, ont défini le sport comme étant « Un système institutionnalisé de pratiques compétitives à dominante physique délimité codifié et réglé conventionnellement, dont l’objectif avoué est, sur la base d’une comparaison de performance, d’exploit, de démonstration, de désigner le meilleur concurrent ou de mesurer la meilleure performance ». Pour le docteur Ben Aaki, les activités physiques, sportives et artistiques (APSA) sont un équivalent sémantique de l’expression activités physiques. Pour ce chercheur de l’Université d’Alger, les APSA désignent l’ensemble des activités susceptibles d’être enseignées en EPS. La plupart de ces activités sont sportives, en raison de leur représentativité culturelle au sein du milieu social, mais d’autres ne le sont pas (arts du cirque, danse, étirements…). Depuis l’avènement des nouveaux programmes l’adjectif « Artistiques » a été rajouté au sigle APS, afin de mettre l’accent sur les pratiques éventuellement dépourvues d’enjeu compétitif, et permettant de « concevoir et réaliser des actions à visée artistique ou esthétique », a-t-il indiqué. D’autres participants, à l’image du Dr Samira Mohmed, professeur à l’université de Tunis, ont démontré les liens « étroits » qui existent entre le sport et la santé. L’intervenante a souligné que « le sport va devenir une nécessité sociétale pour lutter contre la sédentarisation croissante des individus. ». « Les professionnels de santé et les acteurs du sport scolaire observent globalement une détérioration de l’état de santé général à l’échelle de notre société. Les enseignants d’Education physique et sportive (EPS) font notamment état d’une chute de la condition physique des enfants, qui se confirme à l’université », a-t-elle fait savoir. Et d’ajouter : « Les jeunes sont de moins en moins capables de soutenir un effort d’intensité moyenne pendant un temps donné. » Selon cette spécialiste, la diminution générale de l’état de santé de la population peut notamment s’expliquer par l’évolution des modes de vie et des habitudes alimentaires. Aujourd’hui, rajoute-elle, à peine la moitié des jeunes en France atteint le niveau d’activité physique recommandé officiellement (environ 60 minutes minimum par jour). La dépense d’énergie a diminué dans les sociétés industrialisées du fait de conditions de vie plus favorables (transports motorisés, ascenseurs, chauffage central, climatisation) et de loisirs plus sédentaires (télévision, jeux vidéo, ordinateur). Le temps libre est beaucoup plus dédié à des activités intérieures et individuelles au lieu d’activités ludiques, collectives et extérieures. En outre, cette experte a mentionné que le sport de haut niveau, via la compétition, s’inscrit dans la continuité de l’éducation par le sport et répond aux mêmes enjeux éducatifs que le sport pour tous. Sous réserve de ne pas s’éloigner des valeurs de l’olympisme, il dispose d’une « vertu » exemplaire, d’un « pouvoir » d’attraction de nouveaux sportifs. Ces principes sont notamment rappelés dans la charte du sport de haut niveau instituée par la loi du 16 juillet 1984. Au sein des ligues, la formation du jeune vers l’excellence partage l’ensemble des valeurs du sport. A cet égard, l’accession au haut niveau participe directement à la construction de l’individu dans le dépassement de soi et la recherche de la réussite. Dans tous les cas, il représente un sacrifice que le jeune doit pouvoir mesurer avant de s’engager. Les autres intervenants ont mis en exergue tout le travail éducatif développé dans les associations sportives et qui vise aujourd’hui à concilier ce qui paraît inconciliable : le plaisir de la compétition et la valeur de l’effort gratuit, l’opposition motrice à d’autres et le respect absolu dû à son concurrent, l’affrontement socio moteur et la coopération. C’est cette dimension paradoxale qui fait dire aux spécialistes du domaine que le sport n’est pas éducatif en lui-même : « Le sport n’est ni éducatif, ni social en soi. Le sport est un fait social à la fois porteur de valeurs et de contres valeurs telles que la violence ou le racisme. La fonction éducative et sociale du sport dépend du projet dans lequel l’activité physique s’inscrit », ont-ils explicitement indiqué.

Ramdane. B