Le double anniversaire du Printemps berbère (20 Avril 1980) et du Printemps noir (20 Avril 2001), a été commémoré dans la division, hier, à Bouira. En effet, le chef-lieu de la wilaya de Bouira a eu le droit à trois actions de rues distinctes. Si le MAK et le RCD ont opté pour deux marches avec deux itinéraires différents, les membres du collectif national autonome pour la promotion de la langue Amazighe (C. N. P. L. A), ont préféré organiser un rassemblement au niveau du quartier de Ras-Bouira. Le RCD était le premier à battre le pavé. La foule, parmi laquelle étaient présents des dirigeants et des élus locaux du parti, s’est ébranlée vers 11 heures de la place des martyrs du centre-ville de Bouira, pour rejoindre le siège de la wilaya sur une distance de plus de 03 km. Estimant que la question identitaire n’a pas connu une quelconque évolution en Algérie, les organisateurs de la marche ont décidé de reprendre les mêmes slogans et mots d’ordre traditionnellement brandis, à savoir Tamazight langue officielle, le respect des droits humains et des libertés démocratiques. Une demi-heure plus tard (11h30), les militants du MAK ont rassemblé environ 150 marcheurs et ont entamé leur marche du portail du principal campus de l’université Akli Mohand Oulhadj pour, comme le RCD, rejoindre le siège de la wilaya, où un rassemblement a été improvisé par les marcheurs devant le siège de la wilaya, avant de se disperser dans le calme. Il est à noter que la marche des étudiants a été récupérée par les sections estudiantines du MAK qui ont rassemblé une dizaine d’activistes et qui se sont placés à la tête de la procession brandissant et scandant des slogans pour l’autonomie de la région. Les étudiants n’ont eu d’autres choix que d’annuler leur action, et ce, afin d’éviter le scénario de l’année dernière, où une imposante marche de la famille universitaire (étudiants + enseignants) a été tout simplement, détournée par les militants de ce mouvement. De leur côté le collectif national autonome pour la promotion de la langue amazighe (C. N. P. L. A), essentiellement composé d’enseignants de langue amazighe, ont observé un rassemblement au niveau de la localité de Ras Bouira, située à la sortie nord du chef-lieu de la commune de Bouira. Plusieurs dizaines d’enseignants et de sympathisants de la cause amazighe ont répondu favorablement à cet appel. Après la traditionnelle minute de silence, les initiateurs de cette action ont réitéré les principales revendications de leur mouvement. Il s’agit, entre autres, de l’officialisation de la langue amazighe, de la levée du caractère facultatif de l’enseignement de Tamazight, de sa promotion et de de sa généralisation à l’ensemble du territoire national.
O. K.
