A l’occasion de la célébration de la Journée nationale de l’artiste, la Direction de la culture de la wilaya de Béjaïa et l’APC d’Amalou comptent organiser un colloque-hommage à l’artiste que fut Allaoua Zerrouki.
Les huit et neuf juin prochains, un grand événement sera célébré dans la commune d’Amalou en vue de rendre hommage au fils du pays qui a marqué l’histoire artistique de la Kabylie et de l’Algérie tout entière. À cette occasion, un riche programme d’animation, réparti sur trois volets, est prévu: le premier se déroulera sous forme d’une série de conférences animées par des spécialistes de la question, dont l’écrivain-journaliste Rachid Mokhtari, Cherif Maameri et d’autres encore. Un volet témoignage est également prévu avec des personnalités qui ont connu l’artiste, qui l’ont côtoyé et qui ont travaillé avec lui. C’est le cas des grands maîtres de la chanson kabyle que sont Arezki Bouzid et Kamal Hamadi. Chacun racontera son témoignage enrichi d’anecdotes toutes plus croustillantes les unes que les autres, et d’histoires que le public viendra découvrir pour la première fois. Un aspect méconnu de l’artiste sera ainsi découvert par les amateurs de la musique kabyle des années cinquante jusqu’à nos jours. Enfin, un gala artistique viendra couronner cet événement avec une pléthore d’artistes dont la liste n’a pas encore été révélée. Les organisateurs promettent quand même de belles surprises. Profitant de l’événement, des hommages seront aussi rendus à un certain nombre d’autres artistes. Le mouvement associatif sera de la partie, ainsi que le Conseil National des Arts et des Lettres et l’Office National des Droits d’Auteurs qui ouvriront des stands sur le lieu même, afin de rencontrer les artistes et répondre à leurs questions. Ce concept de colloque-hommage est une nouveauté dans le programme de la Direction de la Culture, puisqu’il tend à associer les collectivités locales et le mouvement associatif dans l’organisation des événements culturels. La culture n’est pas de la responsabilité de l’Etat seulement, mais elle est aussi de celle des élus locaux et des animateurs culturels tant bénévoles que professionnels. La présence de personnalités de premier ordre à cet événement relèvera certainement le niveau de la célébration, puisque non seulement un grand artiste de la trempe de Allaoua Zerrouki recevra l’hommage de sa région, mais l’implication de ses anciens amis, de ce qui reste de sa famille et de ceux qui ont aimé et continuent à aimer sa musique aura tendance à instaurer des traditions qui seront prises en charge directement par les concernés. Les conditions de vie, de travail et de production de l’artiste, une fois connues, donneront certainement du courage aux jeunes générations qui ont tendance à se plaindre de leurs propres conditions. Allaoua Zerrouki s’est fait lui-même, sans qu’aucune institution ne lui soit venue en aide. Il a vécu en même temps que Cheikh Nordine, Salah Saadaoui, Akli Yahiaten, Cherif Kheddam et bien d’autre. Une génération qui a connu la misère et la solitude. Ces artistes ont dû se battre pour se faire une place dans le milieu artistique et un nom qui soit respecté. Ils sont enfin passés à la postérité. Cet événement tombe à pic, puisque le temps du passage de témoin est arrivé. Espérons que les jeunes sauront en profiter et se montrer dignes de leurs aînés.
N. Si Yani

