Ainsi, dès l’ouverture des bureaux de la mairie, une foule nombreuse s’est rassemblée dans l’enceinte de cette institution pour afficher son mécontentement et réclamer une entrevue avec le P/APC. Ce dernier a alors accepté de recevoir les contestataires et tente d’apaiser les esprits en leur expliquant les critères du choix des bénéficiaires. Au fil des heures, la tension est devenue de plus en plus tendue, et les signes avant-coureurs d’un éventuel dérapage font déjà leur apparition. Dans la foule, chacun avance ses arguments. Le premier déplore l’attribution des logements aux fonctionnaires et de ce fait, la commission se trouve selon lui, en porte-à-faux avec la loi régissant l’affectation des logements. Et pour appuyer son jugement, il nous parle de la non application de la circulaire ministérielle 42/98 qui favorise le chômeur postulant à l’acquisition d’un logement social en lui octroyant 95 points dans le barème de classement. Le second, visiblement agacé, nous parle de la partialité de l’administration dans la confection de la liste. “Plusieurs personnes appartenant à la même famille ont bénéficié de logement”, clame-t-il ! Aux alentours du siège de l’APC, nous avons rencontré d’autres citoyens qui ne partageaient pas l’avis de la foule. Ils nous ont appris que près d’une quarantaine de bénéficiaires méritent cet exploit compte tenu de leur situation sociale.Vers 11h30, la tension est montée d’un cran et les protestataires sont passés à une action musclée. Ils ont invité le personnel à quitter les lieux et ont carrément fermé la mairie.Enfin, il importe de rappeler que les prérogatives des élus se rétrécissent de plus en plus, et ce sont celles de l’administration qui se sont élargies. A titre illustratif, la distribution des logements relève des services de la daira. C’est une commission, mise sur pied à cet effet, qui est venue supplanter l’Assemblée légitimément élue. Mais, faut-il souligner, qu’en pareilles circonstances la population incrimine ses mandataires ? Alors la question qui taraude l’esprit des plus avertis est de définir la mission de l’élu devant toutes ses interférences de l’administration.
M. Smail
