Ath Mansour : Elles donnaient, jadis, des légumes et fruits d'une excellente qualité – Les terrasses de Taourirt en désuétude

Le chef-lieu communal d’Ath Mansour, Taourirt en l’occurrence, était connu dans le passé par ses cultures et la qualité supérieure des maraîchères et des fruits qui y sont produits à longueur d’année. Néanmoins, ce que l’on a retenu, ce sont les cultures en terrasses qui faisaient la renommée du village. Comme l’on sait, le village de Taourirt est perché sur une colline, où les habitants ont aménagé des vergers sur les versants depuis des lustres. Ces jardins « suspendus » étaient aménagé en terrasses à cause de la déclivité du terrain. Lorsque vous empruntez la RN5 au niveau de cette localité vous apercevrez sans doute ces vergers en terrasses plantés d’arbres fruitiers, tels que les oliviers, les pêchers, les amandiers, les grenadiers, les figuiers et bien d’autres. Même si le béton et l’urbanisation ont fini par engloutir une bonne surface de ces vergers, il n’en demeure pas moins que ceux-ci sont encore visibles. Néanmoins, ils ne sont plus travaillés comme autrefois. Quelques ménages s’occupent avec hardiesse à cultiver quelques carrés en plantant des légumes et en cultivant les arbres fruitiers qui donnent encore des fruits succulents, pour la consommation familiale surtout. Il subsiste encore des terrasses qui, autrefois, étaient gorgées de maraîchages. Des carrés aménagés en terrasses avec en sus un système d’irrigation ingénieux, qui fait que ces carrés sont irrigués en « escalier »! En d’autres termes, les rigoles, où coule une eau limpide provenant des puits, irrigue avec un système gravitaire les terrasses. Pendant l’été il y règne une fraîcheur incomparable dans ces vergers, où les arbres touffus ne laissent pénétrer que quelques rayons qui illuminent les lieux très ombragés. Les ménages s’y prélassent tout en contemplant les lieux magnifiques tous verts au milieu d’un décor sec et aride ! Ce système génial de culture en terrasses a contribué grandement dans la lutte contre l’érosion du sol. Les arbres fruitiers plantés en grand nombre et le travail de la terre ont fini par fixer le sol, et faire éviter aux habitants de dangereux glissements de terrains! A voir de près ces terrasses, lesquelles nous rappellent un petit peu les fameuses rizières des pays asiatiques, elles nous « suggèrent » qu’elles ont été aménagées il y a des siècles. Elles ont d’ailleurs pris une forme fixe avec le temps qui passe. C’est un procédé très répandu en Kabylie, en zones montagneuses précisément, où les terrains sont très accidentés et difficiles à cultiver à cause de leur caractère pentu et abrupt! Les ancêtres procédaient à l’aménagement de terrasses avec des pierres où l’on y mettait de la terre fertile. Jadis, la moindre once de terre avait son pesant d’or, car les habitants vivaient presque exclusivement du travail de la terre. Aujourd’hui, la terre ne « compte » que pour le béton! C’est dire que la perception de la terre nourricière a complètement changé de nos jours. Aujourd’hui, ces mythiques terrasses de Taourirt tombent en désuétude, et peu d’entre elles sont travaillées encore, car le travail de la terre a perdu de son importance… Telles des vestiges d’une autre époque, elles sont toujours là comme pour rappeler à ceux qui veulent se remémorer les beaux et les glorieux jours de ce village, qui était très connu pour ses fruits succulents surtout la pêche blanche, qui a dépassé les frontières de l’Aârch n’Ath Mansour pour atterrir dans les tables de lointains habitants ! Néanmoins, faut-il relever, également, les changements climatiques qui ont pesé lourdement sur l’agriculture dans cette région, avec la crise de l’eau potable et l’indisponibilité des ressources hydriques pour l’irrigation. Néanmoins, faudrait-il espérer que le raccordement « prochain » de la commune aux eaux du barrage de Tilesdit pourrait relancer l’agriculture dans cette localité où l’on pourrait revoir les mythiques terrasses de Taourirt gorgées de maraîchages et autres fruits ?

Y. S.