Le danger des bombes est réel

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A travers un article paru il y a quelques mois sous le titre “Mizrana une forêt fortement minée” nous avons tenté de soulever le danger que représente cette jungle depuis qu’elle a été envahie par le GIA en 1992, et par le GSPC depuis 1998.Avant l’arrivée du GSPC, le danger de cette forêt était le risque de se retrouver nez à nez avec un groupe terroriste, mais depuis ‘l’intronisation” du GSPC à la tête de ces bastions, ce dernier a développé ses moyens de guerre par la fabrication de bombes.Si auparavant les forces de lutte anti-terroriste, lors des différents ratissages accèdaient facilement au cœur des maquis, ce n’est plus le cas depuis 1998.En un temps record les éléments du GSPC, ont miné une bonne partie de la forêt ce qui s’est avéré pour eux, un moyen efficace de défense contre les offensives des forces de lutte anti-terroriste.C’est ainsi que lors de chaque opération de ratissage, on déplore des victimes dans les rangs des forces de sécurité. Dans la majeure partie ces pertes sont le fait d’explosion de bombes artisanales déposées par les terroristes. Cette nouvelle stratégie de défense du GSPC freine à chaque fois les services de sécurité dans leur mission et renforce les terroristes dans leurs bastions.Les victimes de ces mines ne sont pas uniquement les services de sécurité mais malhreusement aussi les civils qui habitent près de cette forêt et pour qui ce risque fait partie intégrante de leur vie : on ramasse des glands, du bois, on chasse, on fait paître le bétail…etc.C’est ainsi qu’il y a près de 2 ans, trois adolescents dont Sami. B âgé à peine de 16 ans, ont été surpris par l’explosion d’une bombe alors qu’ils ramassaient des glands. Si les deux autres, ont subi des blessures légères, Sami B. lui, a été sérieusement atteint “J’ai vu cette bombe, elle était dans une bouteille en verre et elle a été déposée sous une pierre donnant accès à un grand rocher au milieu de la forêt”, nous a raconté Samir B. à l’époque. La victime n’a eu la vie sauve qu’après d’intenses soins qui lui ont été prodigués au CHU de Tizi Ouzou. “Depuis, cette forêt me fait peur, et je n’ose plus m’y aventurer”, nous confie Sami B.Cette jungle s’étendant de l’ouest de Tizi Ouzou jusqu’à l’est de Boumerdès, d’une superficie de 2 400ha, est l’un des bastions le plus redoutable les groupes terroristes vu, sa densité et le relief accidenté qu’elle présente. En plus de cela, il est difficile d’imaginer un seul recoin où il n’y aurait pas de bombes déposées par les groupes armés.La dernière explosion en date, et qui a touché de paisibles adolescents a eu lieu dans la soirée de lundi. Là aussi, les trois victimes Achour. A, Karim. A, et Sofiane A., âgés entre 15 et 19 ans ont été surpris par l’explosion d’une bombe artisanale déposée par les terroristes. Les malheureux adolescents étaient en train de ramasser du bois sec, lorsqu’un sanglier sauvage les a attaqués brusquement. En tentant de se sauver, l’un d’eux a marché sur la bombe qui a explosé.Les trois victimes sont actuellement au niveau du CHU de Tizi Ouzou où ils reçoivent des soins. Même si demain ce sera la fin du terrorisme, cette forêt liée à la vie des habitants qui habitent tout autour, continuera à être un danger permanent. Cette deuxième explosion du genre, interpellera, nous le souhaitons, les autorités locales et les autres responsables pour sensibiliser, du moins, les populations de la région sur les dangers réels qu’elle présente, même sans les terroristes et en attendant peut-être qu’un jour, elle soit déminée.

M.H.

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