Tizi-Ouzou Les éleveurs livreurs de lait cru de vache demandent la hausse du prix du litre – Vers une grève illimitée

La forte hausse des prix de l’alimentation du bétail enregistrée ces dernier mois a fait que les éleveurs livreurs de lait cru de vache de la wilaya de Tizi-Ouzou prévoient d’enclencher une grève générale illimitée dont la date sera fixée, jeudi prochain 28 mai, en assemblée générale qui se tiendra dans la localité de Fréha. Leur principale revendication est une hausse du prix du litre de lait cru de vache, nous apprend M. Rabah Ougmat, président de la fédération des éleveurs bovins laitiers et de viande de la wilaya de Tizi-Ouzou. Sous le slogan « Ensemble pour demander un prix juste du litre de lait produit dans la douleur », le recours à une grève générale illimitée est, selon M. Ougmat, le seul moyen qui reste aux producteurs de se faire entendre des pouvoirs publics. Les protestataires, qui demandent une augmentation du prix du litre de lait cru de vache, sachant que son prix de cession est de 45 DA, primes accordées par l’Etat inclues, estiment que son véritable prix de revient est de 70 DA le litre. L’envolée spectaculaire des prix de l’alimentation du bétail cette année incombe en premier lieu à la sécheresse, une catastrophe de plus, qui vient s’ajouter à l’épizootie de fièvre aphteuse qui a frappé la filière bovine en août dernier plongeant les éleveurs dans le désarroi. « Notre wilaya manque cruellement de terres pour cultiver les fourrages, d’où la spéculation et ces prix rocambolesques de l’alimentation du bétail. Mais ça n’aurait pas été aussi dramatique s’il n’y avait pas eu la sécheresse », explique M. Ougmat, ajoutant : « malheureusement, la pluie ne fut pas au rendez-vous ce printemps, une eau indispensable pour la poussée de l’herbe qui nous aurait épargné d’acheter du fourrage au moins les deux ou trois mois du printemps ». Selon lui, le fourrage est hors de prix et cela risque bien de causer la ruine de bien des éleveurs. La botte de paille qui était à 500 DA en pleine saison a atteint 1000 DA en hiver et celle du foin dépasse les 1 500 DA, et d’ici décembre, janvier prochains, au plus tard, la botte de paille coûtera 2000 DA. L’aliment est actuellement cédé à 4000 DA le sac de 100kg, il était à 380 DA. « La wilaya de Tizi-Ouzou est sinistrée en matière de fourrage et cette sécheresse finira d’achever les éleveurs même les plus tenaces si rien n’est fait par les pouvoirs publics pour nous venir en aide ».

Taous. C