La laideur des villes de la wilaya de Béjaïa n’est pas la seule œuvre des ordures et des immondices, car l’affichage anarchique participe lui aussi à l’enlaidissement des rues et cités de nombreuses localités. Ce comportement invétéré a la peau dure, d’autant plus qu’aucune venelle ni aucun quartier ne sont épargnés par des annonces de tout genre. Les chefs-lieux des communes d’Akbou et de Sidi-Aïch illustrent parfaitement ce cas de figure. La ville du piton ressemble étrangement à un tableau d’affichage géant, dont les multiples annonces ornent lugubrement les façades des immeubles et des édifices publics. À Sidi-Aïch, le constat est presque le même. Les murs extérieurs du siège de l’APC sont quotidiennement couverts par des affiches de tout genre. Les premiers responsables de la municipalité ont à mainte fois repeint l’extérieur de la mairie, mais en vain. Des avis de décès, des annonces publicitaires, affiche d’un gala artistique,… tous les moyens sont bons pour attirer l’attention des lecteurs. Il n’est plus possible de traverser une artère sans être agressé par des affiches collées pêle-mêle sans se soucier de l’image peu reluisante que renvoient nos villes. Le comble dans ce fatras hétéroclite de papiers est l’incivisme de certains énergumènes qui n’hésitent pas à lacérer ces affiches pour laisser des lambeaux vrombir au gré du vent. Toutefois, des lieux réservés à l’affichage existent bel et bien, mais d’aucuns ne respectent cette loi, collant à volonté et n’importe où leurs annonces. Les espaces publics devraient être préservés de telle sorte à ce que le citoyen ne se sente pas offusqué par des murs lézardés et déparés.
Le placardage des murs monte crescendo lors des élections, où les candidats s’accaparent le moindre centimètre pour apposer leurs portraits, quitte à piétiner l’espace réservé à ces adversaires politiques. Cette chasse ou quête de voix laisse les candidats dans un état de transe, où tous les coups sont permis pour séduire d’éventuels électeurs. Cependant, une fois la compagne électorale finie, les posters des candidats sont partis pour durer des années. Le citoyen lambda est souvent interpellé par des murs d’immeubles envahis par des affiches qui existent depuis des lustres. Et comme la laideur n’a pas de limites, les graffitis s’invitent aussi dans le visage urbanistique. Les tagueurs redoublent d’ingéniosité lorsqu’il s’agit de soutenir son club fétiche comme c’était le cas le mois écoulé où les « Mobistes » ont orné les murs de la ville des Hammadites par des tags aux couleurs du MOB. Néanmoins, les autorités locales semblent être dépassées par le phénomène qui prend des proportions alarmantes, où les édifices publics et autres immeubles sont gagnés par l’affichage sauvage et anarchique à la fois. À dessein de charmer la vox populi, les poseurs d’affiches ne reculent devant rien pour aller au bout de leur action, quitte à défigurer les biens immobiliers privés et autres édifices publics.
Bachir Dajider
