Trésor public de Tizi-Ouzou – Les travailleurs dénoncent et menacent

Les représentants des travailleurs du trésor public de la wilaya de Tizi-Ouzou ont dénoncé, lors d’un point de presse organisé hier au niveau du siège du trésor public, « le piétinement du protocole d’accord » signé, le 09 avril dernier, au siège de la wilaya, en présence du wali, de la directrice régionale du trésor, du secrétaire national chargé des conflits à la centrale syndicale, du secrétaire général de la fédération des finances, des membres de l’union locale et de wilaya de l’UGTA, ainsi que des membres de la section syndicale du trésor.

Le document en question, cosigné donc par les parties présentes, rapporte que «la centrale syndicale s’est engagée à prendre en charge la plateforme de revendications et à la porter aux plus hautes instances dans un délai ne dépassant pas la fin du mois d’avril et qu’aucune sanction ne sera infligée aux travailleurs grévistes». Mais «malheureusement», s’indigent les porte-parole des protestataires, «le délai a expiré et le personnel n’a récolté que mutisme et mépris». Pis encore, «les menaces émises, à savoir les retenues sur salaires et les procédures judiciaires contre la centrale syndicale ont été exécutés par la directrice régionale du trésor». Les grévistes, exigeant la levée de toutes les sanctions, les retenues des salaires et les deux procédures judiciaires contre leur centrale syndicale, s’estiment être dans leur droit le plus légitime en revendiquant «une reconsidération du statut de l’agent du trésor». Les grévistes menacent de déposer plainte contre la directrice régionale du trésor qui a «déposé plainte le jour même de la réunion avec le premier responsable de la wilaya contre la centrale syndicale», dira l’un d’eux scandalisé ajoutant que «si elle n’applique pas la loi, nous allons à notre tour déposer plainte contre elle ». Ils dénoncent les pratiques, qu’ils qualifient d’«occultes et malsaines », de la fédération des fiances qui a « tenté de briser la dynamique du mouvement par l’envoi d’un document porteur de ‘’bonnes nouvelles’’ d’après son secrétaire général, à savoir l’instauration d’une indemnité forfaitaire de 8 000 DA et la revalorisation de la prime de rendement de 35% à 50%, soit une augmentation de 15%», fustigent-ils. A la question de savoir s’ils comptent entreprendre des actions à long et moyen terme, l’un des représentants des grévistes répondra que «des émissaires ont été dépêchés pour prendre part à la réunion qui se tiendra au ministère des Finances et ce sont les décisions qui y seront prises qui décideront des suites à donner à notre mouvement. Bien entendu, la reprise ou non du travail se décidera en assemblée générale, car toutes nos actions sont soumises à l’assemblée qui est souveraine». Les protestataires reviendront sur le premier point de leur plateforme de revendications, à savoir la pénalité de Djezzy (Fonds de revenus complémentaires). «L’argent est dans les caisses de l’Etat depuis 2010, une prime non budgétisée et qui n’a donc aucune incidence sur le budget de l’Etat. Ouù est donc le problème ?!», s’interroge l’un des orateurs. Cette pénalité de Djezzy est évaluée, selon eux, à près d’un milliards de dollars ! Ils dénoncent également la tentative avortée du payement des salaires du mois d’avril des différentes directions de la wilaya au niveau du trésor public de la wilaya de Boumerdès. Rappelons que la section syndicale de la trésorerie de la wilaya affiliée à l’UGTA a enclenché une première action de protestation les 29 et 30 septembre 2014, suivie de grèves cycliques de 03 jours par semaine durant tout le mois de janvier 2015. Puis une grève illimitée qui a démarré le 18 mars dernier, ponctuée par une marche le 24 mars, qui a été gelée puis reprise depuis le 25 mai à ce jour. Il est utile de rappeler que la plate-forme de revendications des grévistes du trésor comprend 14 points, entre autres, la pénalité de Djezzy (Fonds de revenus complémentaires), la révision du statut particulier des finances, augmentation des salaires et de la prime de rendement, l’intégration des corps communs au corps technique, la régularisation des pré emplois et l’augmentation de la bonification des postes supérieurs, etc.

Taous. C