Aïn El Hammam – Distribution des arbres fruitiers

La campagne visant à distribuer des arbres fruitiers aux paysans dont les vergers ont été décimés pour des raisons dont nous avons fait écho à plusieurs reprises, vient de se passer à Aïn El Hammam, sans que la plupart des concernés n’aient été informés. Peu de gens savent qu’une liste a été ouverte pour l’inscription des paysans désireux de bénéficier de cerisiers et oliviers. C’est à croire que l’opération devait se dérouler sous le sceau du secret. Ceux qui ont pu s’inscrire au niveau du bureau communal ont appris l’information de bouche à oreille. Point d’affichage en ville ni dans les villages. Les nombreux agriculteurs informés en retard comme d’habitude, se plaignent de «la manière dont la liste des bénéficiaires a été élaborée. On se demande sous quels critères on fait bénéficier les mêmes personnes depuis 1962», nous confie un jeune en colère. Doit-on faire la chaîne chaque matin devant le bureau de l’agriculture pour savoir s’il y a du nouveau ?», nous dit un arboriculteur de Taourirt dont la cerisaie a été décimée par le Capnode, sans qu’il puisse la régénérer vu le prix des plants sur le marché. Les retardataires qui se hâtent d’aller demander «leur part» sont rabroués, sans aucune explication autre que celle «on ne peut diffuser l’information de crainte d’être submergés par les demandeurs». Cependant, ils n’ont de cesse de se poser des questions qui, bien entendu, demeureront sans réponse ; «Comment alors, les heureux bénéficiaires ont-ils appris l’information ?» ou alors «qui les a informés ?». La plupart des campagnes de ce genre se passent, à chaque fois, de la même manière. Si les organismes chargés de fournir les arbres ne peuvent satisfaire toutes les demandes, ils devraient au moins faire un effort pour exclure des listes ceux qui profitent de toutes les occasions pour s’approvisionner à moindre frais. Il faut savoir que la plupart des villageois possèdent des lopins de terre qu’ils cultivent durant leurs jours de repos. Ils sont également des agriculteurs, même à temps partiel. Les récoltes d’olives ou de cerises de la région proviennent en grande majorité de ces paysans d’occasion, qu’on a tort de négliger.

A. O. T.