Les villageois de Guergour, relevant de la commune de Lakhdaria, à une quarantaine de kilomètres à l'Ouest du chef-lieu de la wilaya de Bouira, vivent dans des conditions lamentables.
En effet, ce bourg, situé à la limite administrative entre la commune de Lakhdaria et celle de Bouderbala, perché à plus de 890 mètres d’altitude, n’offre que peu de commodités aux villageois. Ces derniers ne savent plus à quel responsable s’adresser afin de mettre un terme à la détérioration qui affecte leur patelin. Ce village, de près de 3 500 âmes, est laissé à l’abandon, depuis plusieurs années. Cet état de fait provoque, chez la population, un sentiment de marginalisation et d’exaspération. Les villageois demandent le raccordement de leurs foyers au réseau d’AEP, à celui du gaz naturel, ainsi que l’aménagement de leurs routes dont la majorité est dans un état de délabrement avancé. «Depuis plus de cinquante ans, notre village n’a bénéficié d’aucun plan d’aménagement. Nous sommes isolés et nous manquons de tout!», soulignent certains villageois. Concernant le raccordement au réseau d’AEP, bon nombre de citoyens ont noté le fait que plusieurs demandes ont été introduites auprès des services concernés, dans l’hypothétique espoir d’un raccordement, mais en vain. «On est encore et toujours réduits à nous approvisionner en eau à partir d’une source située à une dizaine de kilomètres en contrebas», dira un habitant de ladite localité. Un autre assurera que lui et ses enfants continuent à s’approvisionner en eau à dos d’âne, traversant des chemins escarpés et infestés de sangliers et de bestioles. Ramdane, gardien dans une société de détergeants, dira que les autorités de la wilaya s’étaient pourtant engagées à accélérer les travaux de raccordement au réseau d’AEP à partir du barrage Koudiat Acerdoune, sis dans la commune voisine de Bouderbala. « On nous a promis, depuis 2009, que notre localité allait être raccordée aux eaux de ce barrage. Quatre ans plus tard, on est toujours obligé de parcourir des kilomètres, jerricanes à bout de bras. C’est inadmissible », vociféra-t-il. Quant au gaz naturel, ces villageois se disent désespérés de le voir arriver dans leurs foyers. Ces témoignages traduisent le désarroi et la peine des villageois de Guergour. Ces derniers affirment qu’ils ont frappé à toutes les portes, pour mettre fin à ce calvaire qui n’a que trop duré mais aucune suite n’a été donnée à leurs doléances. Pour rappel, au mois de février dernier, une délégation, composée d’une centaine de villageois, a tenu un sit-in devant le siège de la wilaya, afin d’exprimer leur colère et réclamer un semblant d’aménagement pour leur hameau. « On exige une route digne de ce nom et non une piste qui reste impraticable à la moindre chute de pluie », dira un villageois. Cette route, faut-il le préciser, se trouve dans un état lamentable, sur plus de 04 kilomètres. Et c’est le moins que l’on puisse dire. En effet, les crevasses et les nids-de-poule y sont légion.
R. B.

