Se préparant pour la marche d’aujourd’hui, 16 juin 2015, le Comité de sauvegarde de la JSK, composé d’anciens joueurs et responsables du club, s’est adressé hier, aux étudiants, à l’auditorium de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. Dans une conférence, à laquelle a assisté un nombre important d’étudiants, Mouloud Iboud, ancien joueur de la JSK, et Maître Meriem, ex-avocat du club, accompagnés de Hamid Sadmi, Mourad Amara et Lyes Izri, anciens joueurs de la JSK, ont tenu à expliquer pourquoi a été créé le comité de sauvegarde de la JSK et ses objectifs : «Nous n’avons aucun problème personnel avec Mohand Cherif Hannachi, président actuel de la JSK. Mais la situation dans laquelle se trouve le club sous sa gestion nous interpelle et nous pousse à agir. Vous n’avez qu’à consulter l’Histoire de la JSK, ce club jadis leader de toute l’Afrique et qui joue pour le maintien aujourd’hui. C’est une vérité que tout le monde connaît», dira Mouloud Iboud. Et d’ajouter : «Au lieu de reconnaitre son échec, Hannachi nous répond par des insultes et des accusations dans la presse. Il dit que ce que nous voulons ce sont des magasins dans le nouveau stade. Je lui réponds que ce n’est pas vrai, et puis même si c’était vrai, comme ancien joueur de la JSK et fils de Chahid je mérite bien plus». Mouloud Iboud qui a été très applaudi par l’assistance a regretté le fait qu’un club comme la JSK se retrouve réduit à jouer pour éviter la relégation : «Le nom de la JSK est indissociable de la région de la Kabylie et de ses hommes. Slimane Azem, pour ne citer que lui, était un grand supporter de la JSK. Une fois en France, il avait organisé une réception en l’honneur de toute l’équipe, et ce, au détriment même de son avenir artistique, vu les problèmes que lui a causés ladite réception. Si l’on parle de Matoub Lounes, il s’est déplacé avec l’équipe jusqu’à la Zambie, sachant qu’il a été gravement blessé. Tous ces sacrifices ont-ils été faits pour voir la JSK dans cette situation ?», regrette Iboud, qui ajoute : «Avant Hannachi, la JSK était un exemple dans la gestion et l’organisation. Quand le défunt Boumedienne avait préconisé un projet de tourisme en Algérie, il a posé une question à Khalef, alors entraîneur de la JSK : Est-ce que le tourisme fonctionnera comme la JSK ?». Iboud reviendra aussi sur l’histoire des couleurs du maillot du club : «Nous étions comme le Mouloudia d’Alger, rouge et vert, mais après notre arrivée en finale de la coupe d’Afrique en 1981, des étudiants de Tizi-Ouzou sont venus demander au défunt Boussad Benkaci, président du club à l’époque, de changer les couleurs du maillot en jaune et vert et il a accepté sans hésitation» explique t-il. Maître Meriem quant à lui est revenu dans son intervention sur le mode de fonctionnement du club de la JSK sous la direction de Hannachi : «Lorsqu’on a voulu mettre le train sur les rails, Hannachi a commencé à neutraliser chaque responsable qui le dérangeait. Il se mêlait dans toutes les tâches qui ne le concernaient pas, et tout cela pour s’assurer un bon entourage qui allait lui permettre de garder le fauteuil pour une longue durée». Les deux conférenciers, avant de donner la parole à l’assistance pour d’éventuelles questions, ont exhorté les étudiants à venir en masse à la marche d’aujourd’hui, afin de soutenir, selon eux, «les sauveurs de la JSK».
Noureddine Tidjedam
