Les chiens errants pullulent sur tout le territoire de la commune de Seddouk et c’est tout le monde qui se pose la question d’où viennent toutes ces bêtes abandonnées? À Ighil N’djiber, un village du douar d’Amdoun n’Seddouk, les citoyens du lotissement Amdoun se plaignent d’une meute d’une dizaine de chiens errants qui envahit le village à la tombée de la nuit et devient maître des lieux, semant ainsi la terreur chez les citoyens. Les habitants craignent de sortir de nuit à l’image de ces personnes rencontrées devant l’épicerie d’alimentation générale Nanar qui nous ont fait part des misères que leurs font subir les chiens errants. L’un d’eux se lamente de ne se rendre plus à la mosquée depuis que ces chiens investissement leur quartier dès la nuit tombée et font leur loi. «J’étais témoin lorsqu’une meute de chiens a attaqué sauvagement une personne qui n’a dû son salut qu’à d’autres personnes présentent sur le lieu, lesquelles sont intervenues pour chasser les clébards en lançant sur eux des pierres», a expliqué notre interlocuteur, qui a continué dans le même ordre d’idées en s’étonnant du fait que l’APC ait organisé plusieurs campagnes d’abattage de chiens errants ailleurs et pas dans leur patelin. «J’ai lu sur les murs des avis portant sur l’abattage des chiens errants et je me demande pourquoi notre village n’était pas concerné par ces campagnes. Par contre, j’ai vu un avis portant sur les dangers des chiens errants et sur la conduite à tenir en cas de léchage ou de morsure d’un chien soupçonné de rage. Nous voudrions nous aussi, qu’une campagne d’abattage de chiens errants soit menée dans notre village dans les meilleurs délais possibles, avant que l’irréparable ne se produise. Car la rage est une maladie mortelle dont les soins sont lourds et s’étalent sur des semaines», a-t-il ajouté. Toujours dans le douar d’Amdoun n’Seddouk, le village Tibouamouchine n’est pas épargné par les chiens errants qui rodent aux alentours des quatre chemins. Les habitants se plaignent des dégâts et nuisances insupportables qu’ils occasionnent, notamment de nuit, car dans la journée, ils craignent les citoyens qui vaquent à leurs occupations. Selon les témoignages recueillis, les chiens errants font fureur la nuit, en sillonnant les ruelles de la ville à la recherche de la nourriture. Ils déchirent les sacs en jute et en plastic quand ils flairent des os ou pattes de volaille se trouvant dedans. Parfois, ils renversent mêmes les poubelles, laissant des déchets par terre d’où se dégagent des mauvaises odeurs. Ils compliquent de ce fait la tâche des éboueurs. Quand une rixe éclate entre eux ou avec des chats, leurs aboiements déchirent le silence de la nuit et tirent de leur sommeil les habitants. Si l’on s’en tient à cela, quand ils passent par un jardin en groupe, les cultures sont écrasées comme si un rouleau compresseur est passé par là. Les décharges sauvages sur les routes attirent aussi les clébards qui connaissent parfaitement les endroits où elles se trouvent. En traversant les chaussées, ils sont à l’origine parfois d’accidents de la route. Bien que des campagnes d’abattage de chiens errants soient organisées à la ville de Seddouk, ils prolifèrent toujours. Ils déferlent en toute quiétude dans les rues et placettes. Il y a quelques jours, un couple de clébards en copulation traînait le matin devant le portail du siège de l’APC, gênant considérablement les automobilistes et les passants dont certains par pudeur évitaient de les regarder. À la question posée aux citoyens sur la prolifération des chiens errants, beaucoup ont affirmé que ce sont les veilleurs de nuit des chantiers qui les ramènent pour veiller sur eux sans leurs donner à manger et le matin, ils les abandonnent. Crevant de faim, ils partent à la recherche des dépôts d’ordures dans les quartiers en quête de nourriture. Même quand l’un d’eux est malade, il se pavane dans les rues, comme celui rencontré à la gare routière qui, gravement malade, arrive difficilement à se tenir debout. Les yeux rougis, le dos nu par la perte de poils et présentant des lésions à certains endroits, il traînait difficilement les pattes quand il est chassé d’un endroit pour aller vers un autre. Ces citoyens qui abandonnent leurs chiens savent-ils au moins que c’est une marque d’incivisme envers ce compagnon fidèle de l’homme ! Un animal facile à dresser, qui ne trahit jamais son maître. Dans d’autres pays comme la France, la personne seule, notamment quand elle vieille, préfère adopter un chien ou un chat pour lui tenir compagnie. Elle prend soin de lui comme il se doit en le vaccinant contre certaines maladies, lui douchant et le nourrissant bien. Quand il meurt, il est enterré. Ce qui est loin d’être le cas chez nous. Rares ceux qui se soucient de leurs chiens, s’ils ont mangé ou s’ils sont malades. Autre fait marquant, quand un chien est percuté par un automobiliste, il est laissé sur le trottoir ou l’accotement se décomposer lentement, dégageant des odeurs nauséabondes qui obligent les passants à boucher leurs nez.
L. Beddar
