Comme nous l’avions déjà rapporté dans nos éditions précédentes, la solidarité n’est pas un vain mot à Ath Smail, surtout que la Zaouia Cheikh Sidi Abderahmane constitue un repère en la matière.
En plus des offrandes avec lesquelles des waâdas sont généralement organisées dans ce lieu, les villages ont ressuscité Timechret, une tradition ancestrale qui consiste à égorger des bêtes dont la viande est distribuée aux villageois. «Durant les années du terrorisme, ce rituel a été mis aux oubliettes. Ces dernières années, nous avons constaté que nombreux sont les villages qui immolent des ovins et des bovins non seulement à la veille de l’Aïd El Fitr, mais aussi à la veille du mois de Ramadhan», nous dira un membre de la coordination des comités de villages de l’Aârch n’Ath Smail. Et de poursuivre : «Ce n’est pas une décision de la coordination. Mais, c’est une demande des villageois. Alors, chaque village prend en charge l’opération en solo». Ainsi, à quelques jours du début du mois de Ramadhan, pas moins de six villages ont recouru à l’immolation de bêtes afin de permettre même aux nécessiteux de goûter à la viande rouge qui, disons-le, est hors de portée même des bourses moyennes, durant ce mois sacré. «La participation financière est de deux mille dinars par foyer. Les nécessiteux, les veuves et les démunis sont pris en charge par le comité de village», nous confiera un membre d’un comité de cette localité. Selon une information locale, pas moins de six villages ont recouru à ce sacrifice. On citera la djemaâ de Sidi Amar, Ikhelfounène, Amazaourou et Thamalouts…Cela a, donc, permis aux villageois non seulement d’acquérir une part de viande importante pour ce mois, mais aussi de se rencontrer et de discuter des problèmes des villages. «Tous les habitants prennent part à ce rendez-vous. Même ceux qui résident ailleurs sont obligés de venir et contribuer à l’opération. Cela nous permet de nous rencontrer et de nous revoir parce que certains ne sont présents que durant les fêtes religieuses ou familiales. Ce rendez-vous nous permet aussi d’exposer certains manques dans nos villages», nous répondra notre premier interlocuteur. La solidarité continuera tout le long du mois de Ramadhan, quand on sait qu’en plus des couffins alimentaires distribués par l’APC, les âmes charitables de l’Aârch se manifestent en aidant les familles qui sont dans le besoin. Ce rituel, selon le membre de la coordination, sera renouvelé à la veille de l’Aïd El-Fitr.
Amar Ouramdane

