La tournure que semblent prendre les événement découlant de la grève initiée par le SETE, ne va pas sans inquiéter les parents d’élèves. Les futurs candidats aux examens du BEF ou du baccalauréat commencent déjà à se poser la question de savoir si ce débrayage s’arrêtera à temps. Le second trimestre de l’année scolaire est déjà mal entamé par le mois de janvier dont pratiquement la moitié a été passée à la maison par les apprenants. Au fur et à mesure que la grève se prolonge, le doute quant à son issue s’installe. Un bras de fer ou plutôt un défi semble opposer les antagonistes. Aux promesses de la tutelle de régulariser ses fonctionnaires succèdent les menaces des ponctions sur salaire. Les enseignements grévistes détendent leur position avec des arguments irréfutables. “Si la Direction de l’éducation n’est pas capable de payer les primes à temps, comment voulez-vous qu’elle puisse régulariser tant d’arriérés de salaires, de primes de rendement… etc, qui se sont accumulés depuis plusieurs années ? Nous ne croyons plus aux promesses”, affirme un professeur, qui ajoute que : “Chaque année, on nous tient le même discours. On nous promet les régularisation pour la rentrée ou à l’approche des examens, pour éviter des perturbations. Pourtant, on nous leurre à chaque fois”. Pendant ce temps, les établissements, dont les enseignants ont suivi partiellement la grève, vivent une sorte de désordre. Les enfants sont perturbés du fait qu’une partie des cours seulement est assurée. Les responsables de l’Association de parents d’élèves du lycée Ben Boulaïd, qui se sont rendus sur place nous ont remis une déclaration dans laquelle ils ont exprimé leur courroux. “On assiste, disent-ils, à des va-et-vient dans les couloirs. Beaucoup d’élèves sont portés absents. On ne peut leur demander de se déplacer sur 15 km pour seulement une heure de cours durant la journée. Devant le lycée Ben Boulaïd, un lycéen visiblement inquiet, nous informera qu’après une heure de français à huit heures, il attend le cours de mathématiques qui aura lieu à 14h 30. Ici, aussi, les enseignants ne se sont pas mis d’accord sur la forme que doit prendre leur protestation bien que la majorité observe la grève. Les élèves, sans distinction (garçons ou filles externes ou demi- pensionnaires) sont renvoyés de l’établissement dès qu’une séance d’un professeur présent est terminée, au mépris du danger qu’ils encourent, dehors. Qui est responsable de ce qui pourrait arriver à ces enfants ? Que dit la réglementation dans ce genre de cas ?En plus des problèmes communs à tous les enseignants d’Algérie, le secteur de l’éducation de la wilaya de Tizi Ouzou, croule sous le poids des difficultés particulières dont il se serait passé volontiers. Il semble porter la guigne. Ainsi, aux retards de paiements des contractuels, s’ajoutent les arriérés des heures supplémentaires, des rappels d’échelon et autre régularisations. Certains, comme ce retraité, affirment ne pas percevoir leur dû qui “traîne” depuis 2002. Le service paie est-il en faillite ? Y a-t-il un espoir pour qu’un jour ces querelles de clocher cessent pour laisser place aux préoccupations pédagogiques qui doivent être le souci majeur des enseignants ? Dans l’intérêt de tous, les protagonistes sont condamnés à devenir de vrais partenaires.
Nacer Benzekri
