La peur du générique est-elle justifiée ?

La facture d’importation des médicaments s’élève, cette année, à 1 milliard de dollars et si rien n’est fait, cette facture est appelée à augmenter. La faute en incombe en partie à la valeur du dinar devant le dollar mais aussi à l’augmentation des prix des médicaments sur le marché international. C’est que le médicament est un produit manufacturé comme un autre et que ceux qui le fabriquent songent avant tout à se faire de l’argent, d’où une concurrence effrénée entre les firmes et les laboratoires pour lancer de nouveaux produits. Des produits souvent chers et, comme des enquêtes l’ont montré, parfois, sans réelle efficacité thérapeutique. De nombreuses enquêtes, en France, en Suisse et dans d’autres pays européens, ont dénoncé ces produits et certains, à cause de l’inefficacité de ces produits, les ont exclus de tout remboursement. C’est ainsi que dans les pays industrialisés, les gouvernements, pour maîtriser les dépenses de santé, de plus en plus onéreuses, ont tenté de faire payer plus cher le produit au consommateur, en limitant notamment les remboursements. On sait l’inefficacité d’une telle politique, dans un pays comme la France, par exemple, où le prix du médicament n’est pas déterminant dans son achat : ni le malade ni le médecin ne regardent le prix du produit, ne songeant qu’à la nécessité d’un bon traitement, et, dans le cas de l’automédication, le choix est laissé au pharmacien, lequel qui a tendance à conseiller le médicament le plus cher pour élargir sa marge bénéficiaire.

S. Aït Larba