C’était dans la soirée de mercredi dernier à la maison de jeunes locale – Zayen à la rencontre du public d’Iferhounène

De son vrai nom Chekdène Amokrane, l’artiste a choisi comme nom de scène ‘’Zayen’’, nom d’un prince berbère d’un ancien village situé au nord-ouest des montagnes du Rif marocain. «C’est un pseudonyme que j’ai choisi pour promouvoir la culture berbère en général et la chanson kabyle en particulier, notamment lors de mes déplacements à l’étranger», a-t-il déclaré lors d’une rencontre débats organisée à la maison de jeunes de la daïra d’Iferhounène, dans la soirée de mercredi dernier.

Devant une assistance composée essentiellement de représentants d’associations culturelles et sociales et de comités des villages, l’enfant de Lemsla, qui a déjà visité plus de 25 villages et villes kabyles, à Béjaïa et à Tizi-Ouzou, où un accueil chaleureux lui a été réservé dira que ses déplacements lui permettent de se rapprocher encore plus du public, de côtoyer de plus près les gens, d’échanger des idées et puiser l’inspiration dans le terroir et les traditions ancestrales, «car dans chaque région de notre pays se cache un trésor qu’il faut déterrer», a-t-il souligné. Il ajoutera : «D’ailleurs, c’est une méthode très pratiquée à l’étranger par les artistes, notamment en Europe».

A cet effet, l’artiste lancera un appel aux jeunes afin qu’ils s’impliquent dans le domaine artistique, même sans avoir de gros moyens. «Avec un instrument de musique et une belle voix par exemple, on peut attirer l’attention du public. Il suffit pour cela d’enregistrer une vidéo et la partager sur facebook». Il ajoutera que plusieurs artistes se sont ainsi fait connaître en France et partout dans le monde. Cet ambassadeur de la chanson berbère, d’expression kabyle a sillonné presque toute l’Europe d’Est en ouest et une partie de l’Amérique et de l’Asie. Il a à son actif un riche répertoire, dont ‘’Baden-Baden’’, une composition qui a connu un énorme succès et qui lui a ouvert les portes de l’universalité et de la gloire. Il a notamment participé à plusieurs festivals internationaux, faisant connaître la chanson kabyle. Il a participé au festival ‘’Découverte des étrangers’’, en France, en 2008. Une chanteuse indienne, attirée par sa musique, lui proposa de chanter avec lui, en duo, quelques passages de sa chanson ‘’Ats nadigh afuliw’’ (Je cherche mon cœur). Il fera par la suite un autre duo avec la chanteuse, à Tizi-Ouzou, où il chantera lui-même quelques passages en indou.

Par ailleurs, en 2013, en Palestine, dans le cadre du festival international pour la paix dans le monde, il représenta la France en tant que président de l’association ‘’Couleurs et diversité’’ et participa au jumelage de la ville d’Aubervilliers avec celle de Beit Jallal. «Là j’ai rencontré un Palestinien d’origine amazighe a qui j’ai remis une écharpe aux couleurs kabyles», a-t-il raconté. L’artiste dira également que l’un de ses prochains objectifs sera de composer des chansons pour enfants et qu’il est «prêt à coopérer avec tout le monde». Il annoncera d’ailleurs que son nouvel album comprend une chanson qui a pour titre ‘’Ameksa d- uchen’’, dont le texte a été écrit par la poétesse Hadjira Oubachir. Après s’être prêté au jeu des questions réponses avec les présents, l’hôte d’Iferhounène interpréta le texte ‘’Man hou wagui id- i- aden nig lah wari’’, chanté en Izlane (style opérette lyrique kabyle).

Il gratifiera ensuite l’assistance d’un ‘’Achewiq’’, à capela, avec une voix cristalline à vous transporter vers les cieux. Il chantera également le titre qui a fait son succès ‘’Baden-Baden’’, avec comme seul instrument sa guitare, accompagné par les applaudissements du public. La soirée s’est terminée par une séance vente-dédicace de son nouvel album «Uchen dou Meksa», après laquelle il fut sollicité pour une prise de photos souvenirs, ce qu’il fit bien volontiers.

A. M