Les mois de Ramadhan se succèdent mais ne se ressemblent pas, du moins concernant l’actualité.
Chaque année, ce mois sacré nous réserve son lot d’évènements, lesquelles se révèlent parfois heureux, douloureux, voire tragiques. La Ramadhan 2015 ne déroge pas à cette règle, tant l’actualité y a été chargée. En effet et à l’inverse des soirées ramadhanesques qui ne cessent de gagner en morosité l’actualité quant-à-elle, a été des plus riches. À travers ce petit récapitulatif, nous allons tenter de revenir sur les évènements les plus marquants de ce mois de carême.
Mercuriale : La belle surprise !
Tout d’abord, le Ramadhan de cette année a commencé par une bonne surprise pour les consommateurs. La «flambée» tant redoutée des prix des fruits et légumes n’a pas eu lieu ! En effet, tout le long de ce mois, les prix des fruits et légumes ont connu une certaine stabilité. À titre d’exemple, la courgette était affichée entre 60 et 65 DA, l’oignon entre 40 et 50 DA, alors que les navets et les carottes allaient de 70 et 75 DA. Pour ce qui est de la tomate de premier choix, elle était cédée à 75 DA le kilo et 60 DA pour celle de qualité moindre. La laitue, très prisée durant ce mois, s’affichait entre 80 et 85 DA, les haricots verts à 120 DA, le citron à 150 DA et les olives vertes dénoyautées à 350 DA, quant aux olives noires, elles étaient à 250 DA.
Pour les plats sucrés, genre «Lham lahlou», un met très apprécié en ce mois de tous les délices, les abricots secs sont à 550 DA, quant aux prunes, elles sont à 350 DA. Pour ce qui est des raisins secs (zbib), ils sont à 450 DA le kilo. S’agissant des fruits, la mercuriale a connu une relative hausse. En effet, la banane est à 170 DA, les abricots à 130, les pommes d’importation à 250 et la pêche à 160 DA. Les prix de la pastèque et du melon, des fruits de saison par excellence, sont jugés abordables par les consommateurs interrogés. Mais à quoi est due cette stabilité ? Et bien, selon M. Amara Benyounès, ministre du Commerce, les prix des produits de consommation se sont «stabilisés» durant le mois du Ramadhan en raison de l’offre et de la demande.
Toujours d’après M. Benyounès, les prix des produits de consommation étaient «raisonnables et stables», soulignant que le «mérite ne revient pas au ministère du Commerce, mais obéit à la loi du marché c’est-à-dire l’offre et la demande», avait-il indiqué. Le ministre du Commerce a, en outre, souligné que les prix des produits de consommation, notamment les fruits et légumes, étaient «raisonnables pour la première fois depuis des années, surtout au début du mois béni du Ramadhan, où aucune hausse des prix n’a été relevée».
Jeûner sous 50° à l’ombre
Mais la flambée, la vraie, on la retrouve du côté du mercure. Ce dernier s’est littéralement affolé durant la première semaine du mois de Ramadhan, où des records de chaleur ont été battus à travers l’ensemble du territoire. En effet, une vague de chaleur caniculaire a touché la quasi majorité du pays, notamment les régions de l’intérieur et le Sud, où des pics de chaleur ont été observés. Les services de l’Office national de la météorologie (ONM), ont annoncé à travers des bulletins météo spéciaux (BMS), cette canicule. Des températures oscillant entre 37° et 47°,; voire 50° à l’extrême sud du pays ont été enregistrées.
Pour les jeûneurs, c’était l’occasion ou jamais de tester leur foi, car sans exagération aucune, c’était l’enfer sur terre. Plus sérieusement, ce phénomène appelé «Siroco» ou bien «Ch’hili» en Algérien bien de chez nous, se produit lorsqu’une masse d’air tropicale et stationnaire installée sur le Sahara. La masse d’air saharienne brûlante est alors aspirée vers le nord par la dépression et remonte en direction Sud-nord au-dessus du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie et de l’Europe. Afin de se prémunir contre les effets de cette canicule, les services de la Protection civile ont mis en alerte toutes les unités d’intervention.
Durant cet épisode caniculaire, ce sont les enfants et les personnes âgées atteintes de maladies chroniques qui sont les plus touchés par la vague de chaleur qui a atteint des pics de 50 degrés à l’ombre. Malgré leur âge avancé la plupart des vieillards, bien qu’ils soient en état de déshydratation et éprouvant des difficultés respiratoires, observent le jeûne ce qui complique leur état de santé alors que le diagnostic des médecins est catégorique : Au-delà de 75 ans, le jeûne peut nuire à la santé.
La menace terroriste plane toujours
La violence et le terrorisme ont malheureusement fait l’actualité durant ce mois sacré. Ainsi, dans la wilaya de Bouira, un attentat terroriste a eu lieu dans la nuit du 6 au 7 juillet dernier, où une patrouille de la Brigade mobile de la police judiciaire (BMPJ) a été prise pour cible par un groupe armé. En effet et à titre de rappel, les assaillants, au nombre de quatre, ont tiré à l’arme légère de type pistolet automatique (PA) plusieurs coups de feu, en direction des éléments de la BMPJ. De vifs et intenses échanges de coups de feu s’ensuivirent, avant que les criminels ne prennent la clé des champs, en direction de la forêt d’Errich. Bilan de cette incursion terroriste, deux policiers de la BMPJ légèrement blessés, l’un à la cuisse et l’autre à l’avant-bras. Les deux victimes, furent aussitôt transportées au pavillon des urgences de l’hôpital Mohamed Boudiaf de Bouira, où ils ont reçu les premiers soins et sortiront sains et saufs. En outre, dans les communes d’Aomar et Kadiria et même Maâla, plusieurs éléments terroristes ont été aperçus par la population.
La dernière incursion en date remonte à jeudi dernier, où un groupe terroriste, composé selon des sources locales d’au moins six individus, a tenté de faire une incursion au niveau de la localité d’El Krarib, relevant de la commune d’Aomar, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest du chef-lieu de la wilaya de Bouira. Fort heureusement, les villageois ont agi avec bravoure en repoussant les assaillants et en alertant les services de sécurité. Ces mêmes services ont, quelques jours plus tard, réussi à neutraliser un terroriste au niveau de la localité de Ziraoua, relevant de la commune de Djebahia. Ces attaques démontrent une fois de plus que la vigilance aussi bien des citoyens que des services de sécurité doit prévaloir. Il est vrai que les troupes de l’ANP assènent des coups de boutoirs aux groupes terroristes résiduels qui activent par-ci par-là néanmoins, il faudrait toujours se mettre dans l’esprit que le «risque zéro» n’existe pas.
Ghardaïa ou «l’indignation à deux vitesses»
Enfin, ce Ramadhan 2015 restera inéluctablement un Ramadhan de deuil et de douleur. Il a été marqué par des violences inouïes à Ghardaïa, qui ont coûté la vie jusqu’à présent à 23 personnes. La vallée de M’zab a été durant la seconde moitié de ce mois sacré le théâtre de violences indescriptibles, opposant mozabites et Chaanbi. Le conflit dont personne ne connaît les causes exactes et qui a fait en l’espace de deux ans et demi, des dizaines de morts et des centaines de blessés, est attisé par certaines parties aux obscures intentions. Tout ce qu’on sait sur ce conflit qui ne cesse de prendre de l’ampleur, est qu’il y a un différend d’ordre foncier qui oppose les deux communautés. La région est notamment confrontée à une lutte pour l’appropriation d’un espace de plus en plus réduit sur fond de développement économique.
Il est vrai que l’urbanisation galopante et l’extension démographique menacerait, selon les deux communautés (Mozabite et Chaanbi), aussi l’équilibre démographique, mais que fait l’État pour apaiser les tensions communautaires et ramener le calme ? Et bien, le président de la République a, lors d’une réunion d’urgence consacrée à la situation prévalant à Ghardaïa, instruit le Premier ministre de «veiller, avec le ministre de la Justice, Garde des sceaux, afin que le Parquet prenne en charge, avec diligence et sévérité toutes les violations de la loi à travers la wilaya de Ghardaïa et notamment l’atteinte à la sécurité des personnes et des biens». Après l’intervention discrète mais efficace de l’Armée, où près de trente personnes ont été arrêtées, la situation s’est quelque peu calmée.
Ramdane Bourahla

