Plus de 4 000 cartes d’artistes délivrées

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Le ministre de la Culture, M. Azzedine Mihoubi, a annoncé, jeudi dernier, lors de sa visite de travail et d’inspection à Bouira, que plus de 4 000 cartes d’artistes ont été retirées.

«Cet outil, carte d’artiste, ndlr) va nous permettre de faire le tri dans le secteur et aussi de mieux garantir les droits de nos artistes et leur avenir», a-t-il indiqué. Et d’ajouter : «Cette initiative, laquelle fait suite à l’adoption du décret exécutif relatif aux modalités de couverture et de prestations sociales pour les artistes et les auteurs, matérialise d’une manière, on ne peut plus claire, la volonté de l’Etat d’assurer une protection sociale aux artistes en tant que travailleurs indépendants non-salariés (…).

C’est un premier pas vers la consécration de la loi de l’artiste», a précisé le ministre peu avant le début de la cérémonie. À titre de rappel, l’opération de délivrance des cartes d’artistes a été entamée le 16 février dernier. Cette carte est délivrée par le Conseil national des Arts et des Lettres installé en 2012, en partenariat avec le ministère du Travail, de l’emploi et de la sécurité sociale en vue d’assurer une protection morale et sociale aux artistes. Lors de son périple qui l’a conduit dans les communes d’Ain Bessam, Sour El Ghozlane et Bouira, M. Mihoubi a eu à lancer et inaugurer certains projets, qualifiés d’importants. Ainsi, à Ain Bessam, la délégation officielle a eu à inspecter les travaux de la future bibliothèque urbaine.

Cette dernière, dont le coût de réalisation est estimé à 168 millions de dinars, sera bâtie sur une superficie de quelque 5 000 m². Une fois achevée, cette bibliothèque sera un «acquis pour la région, ses jeunes et pour tout le secteur de la culture», s’est réjouit M. Mihoubi, en marge de la cérémonie du lancement du projet. Cette bibliothèque devrait ouvrir ses portes d’ici une vingtaine de mois, selon la fiche technique présentée sur les lieux. Dans la commune de Sour El Ghozlane, à une quarantaine de kilomètres au Sud de Bouira, M. Mihoubi a procédé à l’inauguration du théâtre de verdure. Cette structure cultuelle, comme bon nombre de projets de la culture à Bouira, a enregistré un retard des plus effarants.

Avec un retard de plus de deux ans, le théâtre de verdure de Sour El Ghozlane devait initialement ouvrir ses portes à la fin de l’année 2013. Ce projet, qui date de 2009, a connu un retard considérable, essentiellement d&ucirc,; selon le chef du projet, «à une insuffisance de crédits». Pour rappel, le montant initial de cette structure a été initialement fixé à 50 millions de dinars. Ce montant s’est avéré par la suite, «insuffisant» pour mener les travaux à terme. Après, une deuxième étude a été réalisée. Cette dernière a réévalué le coût du projet de cette structure en plein air à 130 millions de dinars, soit plus du double du montant initial. Dans le détail, ce théâtre s’étend sur une surface de plus de 4 000m² avec 2 300m² de bâti. D’une capacité de 2 000 places, cette enceinte abritera un hall d’accueil, des guichets, des cafeterias, 4 loges pour les artistes et des studios de répétition. Dans la même commune, l’hôte de Bouira inspectera le projet de réhabilitation et restauration de la muraille et des portes monumentales de la ville de Sour El-Ghozlane, auxquels un montant de 187 millions de dinars a été alloué pour réaliser le projet dans un délai de 18 mois.

Au niveau du chef-lieu de la wilaya, ce sont d’autres chantiers qui avaient accumulé des retards non négligeables qui ont fait couler beaucoup d’encre, qui ont été inspectés. Le premier d’entre eux est celui de ce qui devait être l’annexe de la bibliothèque nationale. Devait, puisque au final, les Bouiris se retrouvent avec une «simple» bibliothèque principale. Pour rappel, cet établissement culturel, dont les travaux ont été lancés en janvier 2010 pour une enveloppe de plus de 176 millions de dinars, et ce, pour un délai de réalisation estimé à 17 mois, a connu moult avaries. Pourtant, lors de sa visite à ce chantier, le wali de Bouira, M. Nacer Maaskri, avait explicitement indiqué qu’«il faut travailler davantage pour livrer cette annexe au plus tard le mois d’août (dernier, ndlr)». Chose que le maître d’ouvrage, à savoir les services de la Direction de la culture de Bouira, n’ont visiblement pas prise en compte. Autre projet en latence depuis des années et qui a «englouti» des sommes importantes, est celui de la réhabilitation de l’ex-salle de cinéma Errich en théâtre régional. Ce projet est pour ainsi dire  » le symbole » de la mauvaise gestion qui frappe ce secteur.

Et pour cause, depuis 2009, date de son inscription, puis en 2010, date de démarrage des travaux, lesquels ne devaient durer que 8 mois, ce projet s’est éternisé. Pis encore, le coût initial de cette simple réhabilitation, lequel ne devait pas excéder les 80 millions de DA, a grimpé en flèche pour atteindre les 150 millions de DA ! Là encore, le ministre s’est contenté d’afficher son «satisfecit». Même constat du côté du projet du théâtre de verdure, lequel a été qualifié par le wali Maaskri de «risée» de la ville, le ministre, là encore, est resté impassible face à cette situation.

Ramdane B.

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