Le secrétaire général du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès, a appelé hier à « un consensus national » autour de la lutte contre le terrorisme, suite au sanglant attentat qui a coûté la vie à neuf soldats de l’ANP vendredi dernier à Aïn Defla, tout en affirmant que la « lutte militaire seule ne suffit pas » pour vaincre le phénomène.
Dans un long entretien accordé au journal en ligne TSA, Amara Benyounès, qui a reconnu qu’il y a «un certain nombre de poches de terrorisme qui continuent d’activer», a toutefois affirmé que notre pays est loin de la période des années 1990 en matière du terrorisme. Pour le SG du MPA «la lutte militaire seule ne suffit pas. Je l’ai dit quand j’étais député en 1997 et je le répète : il ne faut pas que la défaite militaire du terrorisme se transforme en victoire politique de l’intégrisme. Il faut une remobilisation de la société algérienne pour vaincre et éradiquer de manière définitive ce phénomène du terrorisme. C’est une chose absolument capitale et fondamentale», et d’ajouter : «Nous avons remarqué qu’un certain nombre de nos amis démocrates ont complètement déserté le combat anti-intégriste. La haine qu’ils ont du Président les a totalement aveuglés. En Algérie, il faut un consensus national autour de la lutte contre le terrorisme».
Pour Amara Benyounès, le gouvernement dont il occupe le poste de ministre du Commerce a été très ferme vis-à-vis de ceux qui prônent les discours fanatiques. «Le gouvernement a été très ferme. Le ministre de la Communication, celui des Affaires religieuses et le président de l’Arav (Autorité de régulation de l’audiovisuel) ont interpellé un certain nombre de télévisions de droit étranger qui ouvrent leurs antennes à des prêcheurs de la haine. Il ne faut pas oublier que ce sont ces discours-là qui nous ont menés vers la tragédie que nous avons vécue durant les années 1990», rappelle-t-il. Amara Benyounès est allé jusqu’à préconiser l’interdiction de ces prêcheurs fanatiques. «Il faut interdire ces prêcheurs d’antenne. Et je pense qu’ils sont d’ores et déjà interdits depuis que le gouvernement est intervenu. La lutte antiterroriste n’est pas seulement une affaire militaire mais c’est une lutte sur les plans politique, culturel, économique et social. C’est une lutte multisectorielle», affirme-t-il.
Pour le premier responsable du MPA, en Algérie, «il y a deux projets de société qui sont en train de s’affronter au niveau de la population». Le premier est «celui qui se bat pour une Algérie démocratique, moderne, républicaine, patriotique, ouverte et universelle». Le deuxième milite pour «une Algérie plus conservatrice. En tant que MPA, nous sommes inscrits dans le combat pour une Algérie démocratique et tolérante». Pour Amara Benyounès, notre pays est également visé par des puissances étrangères dans le but de le déstabiliser. «Au MPA, nous ne voyons pas des complots partout contre l’Algérie. Mais des choses sont devenues évidentes, au moins depuis 2011, avec cette affaire qui a été que l’on veuille ou non, orchestrée de l’extérieur, le Printemps arabe. Ce qui s’est passé en Tunisie, en Libye, en Égypte, en Syrie et au Mali n’est pas tombé du ciel. Quatre ans après, on comprend comment les choses se sont faites et comment des puissances étrangères sont intervenues», affirme le SG du MPA. Donc, il est clair, ajoute-t-il, que «l’Algérie est visée et il faut être aveugle pour ne pas le voir ou sourd pour ne pas l’entendre.
Nous sommes visés parce que l’Algérie est un pays stratégique sur les plans économique, politique et géostratégique. Nous sommes un pays qui a des positions de principe sur le plan des relations internationales qui ne plaisent pas à tout le monde. Et quand il y a un événement qui survient, c’est clair qu’un certain nombre de puissances étrangères voudraient bien pousser dans le sens du pourrissement». Pour Amara Benyounès «les gens savent qui est derrière qui et qui est en train de faire quoi. Cela ne sert à rien de citer des pays. Ils sont connus». Questionné sur l’affaire de Ghardaïa, le secrétaire général du MPA a reconnu qu’il s’agit d’un «problème compliqué et sérieux qu’il faut gérer avec beaucoup de sagesse et de responsabilité. Les deux communautés vivent ensemble depuis des siècles sans aucun problème. Aujourd’hui, un certain nombre d’extrémistes est apparu, veut vraiment semer la haine entre elles et pousser vers une guerre fratricide.
Lors de sa dernière visite effectuée avec le ministre de l’Intérieur et d’autres responsables, le Premier ministre avait donné des instructions claires pour arrêter un certain nombre de personnes soupçonnées d’être les meneurs. Au MPA, nous pensons que les membres des deux communautés sont des Algériens et aucune des deux ne va déménager». Pour Amara Benyounès «il faut que les hommes et les femmes de bonne volonté de ces communautés prennent en charge ce dialogue. Il faut également isoler à tout prix les extrémistes et appliquer les lois de la République», affirme-t-il.
Synthèse A.C

